Vampire Weekend – « Contra »

vamp180Album
(XL Recordings)
11/01/2010
Afro-pop de chambre

Faire du neuf avec du vieux, c’est un peu ce que Vampire Weekend aura réussi à faire avec un premier album qui n’aura pas manqué de diviser. Fraîcheur et révolution pour certains, originalité forcée pour d’autres, la musique du combo new yorkais aura longtemps fait débat et n’aura jamais laissé personne indifférent. Il en aura même décomplexé quelques-uns, comme les Californiens de Fool’s Gold (à sortir prochainement en France), qui se seront eux aussi laisser tenter par quelques incursions africaines dans leur indie rock. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Vampire Weekend est donc passé du buzz à la tendance, voire même à ce statut de précurseur qui autorise souvent les faux-pas sous couvert d’avant-gardisme.

Mais c’est surtout d’une confirmation dont tout le monde avait besoin pour définitivement choisir son camp. Évidemment sans changer de cap, « Contra » arrive avec son lot de réponses et montre un registre plus abouti, ayant logiquement gravi une marche en termes de maturité. Toujours produits par son guitariste Rostam Batmanglij, ces dix nouveaux morceaux laissent encore parler le savoir musicologique de Vampire Weekend, son affection pour la musique de chambre, comme ses élans afro pop cette fois plus canalisés et réfléchis qu’ils ne l’étaient autrefois. Une bonne nouvelle pour ceux qui ne démordaient pas que le combo en appelait à ses particularités sans aucune demi-mesure.

Car tout au long de « Contra », il utilise désormais tout cela plus justement, souvent plus comme simple couleur qu’en véritable matière première de sa musique, ce qui la rend beaucoup plus digeste et variée qu’à l’époque de son premier effort. Ainsi, dans ses plus beaux moments, Vampire Weekend fait se côtoyer excursions exotiques du plus bel effet (« Horchata » et « White Sky » feraient danser les culs de jatte), effusions rythmiques bien dosées (« California English », « Cousins ») tout en rappelant ici ou là qu’il est toujours un groupe de rock (« Holiday », « Cousins »). Mais le reste de cet album, entre ballades mélancoliques et pop aux contours new wave made in New York, ne vient en rien gâcher la fête. Car quand il y a deux ans Vampire Weekend affichait quelques imperfections de jeunesse, il fait aujourd’hui preuve d’une sérénité qui le fait impeccablement maîtriser son oeuvre atypique de bout en bout.

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