Troy Von Balthazar – « How To Live On Nothing »

troy180Album
(Third Side)
13/09/2010
Pop lo-fi

Il va falloir que tout le monde l’admette enfin: Troy Von Balthazar n’est plus seulement « le chanteur de« , mais chanteur tout court. C’est en tous les cas ce que « How To Live On Nothing », ce deuxième et nouvel album, impose comme une évidence. En effet, en 2005, après avoir vanté les mérites du rock mélancolique et bruitiste de Chokebore durant plus d’une décennie, l’Hawaïen créait la surprise via le contraste quand il s’affichait seul (ou presque) pour servir un répertoire lo-fi, léger, sensible et naïf qu’il avait commencé à gratouiller sur la guitare de son ami Leonard Cohen. Seulement, la tentative aurait pu tourner à la courte plaisanterie si un vrai talent de songwritter ne se cachait pas derrière chacun des morceaux, celui-là même qui l’aurait excusé de ne jamais reformer Chokebore si tel n’avait pas été le cas l’hiver dernier.

Qu’il confirme était donc la moindre des choses qu’on pouvait attendre de sa part. « How To Live On Nothing » va même au delà puisqu’il est prêt à révéler son auteur au grand public, à ces centaines de milliers de personnes qui se disent réceptives aux mélodies pop ou folk et qui ne connaissent pas encore l’existence de celui choisit par Nirvana pour ouvrir leurs concerts au début des années 90. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, la débauche d’énergie d’antan a laissé place à celle de l’émotion, ici toute aussi systématique et efficace quelle que soit l’approche choisie pour l’illuminer. Car pour ne pas tourner complètement le dos à son premier essai, TVB reste en partie fidèle au bidouillage, au minimalisme, à ces petits rien qui, en apparence, donnent au tout une réelle ampleur, ou une certitude variable. En effet, touchant, Troy l’est, qu’il s’appuie sur un piano timide (« The Tigers ») ou qu’il assure un peu plus la force mélodique des acoustiques « To A Girl With One Wing Gone », « My Diamond Brain », « Wings » et du final « Infinity Face » achevé en choeur.

Pourtant, c’est incontestablement quand il offre un peu plus d’orchestration et d’arrangements à ses compositions qu’il marque sa nette évolution, qu’il parvient à vous agripper les tripes et presser toute l’émotion qu’elles entreposaient secrètement. Difficile alors de ne pas se laisser séduire par les refrains de « Very Famous » ou « Mt Balthazar », la mélodie imparable de « Happiness And Joy », la mélancolie de « Communicate » et « Dots & Hearts », ou les quelques brillants sursauts rock (« Santiago ») qui devaient commencer à lui manquer, et qui parviennent sans mal à se faire une place au sein de cet album, varié pour le coup, mais incroyablement cohérent, digne surtout de la quête perpétuelle du bonhomme: écrire la plus belle des chansons. Pour tout cela, « How To Live On Nothing » est le disque qui fait définitivement de Chokebore le groupe du chanteur Troy Von Balthazar. Et non plus l’inverse.

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