Tobias Jesso Jr – ‘Goon’

Album / True Panther Sounds / 16.03.2015
Classique avant l’heure

Du haut de ses 2m04, Tobias Jesso Jr. aurait pu espérer faire carrière dans le basket ou le football américain. Que nenni. Le garçon a préféré s’asseoir derrière un piano. Mais il a pour cela attendu d’avoir 27 ans. Sa vie d’avant, c’est une suite de désillusions à Los Angeles, plus précisément à Hollywood, où le Canadien a espéré, un temps, faire carrière dans la musique ou le cinéma. Comme beaucoup d’autres gens de son âge, des plus jeunes et des plus vieux encore. Comme il le raconte dans ‘Hollywood’ ou ‘Leaving Los Angeles’, l’échec fut cuisant. Et tant mieux pour nous. Car qui sait ce qui serait arrivé s’il avait touché du doigt son rêve de gloire hollywoodien? Il y a alors fort à parier que nous n’aurions jamais eu l’occasion d’écouter ‘Goon’, disque fascinant, obnubilant, sans doute l’un de ceux que l’on retiendra dans les listes de fin d’année et vers lequel on se tournera encore dans les années à venir.

Car ‘Goon’ est de la trempe des classiques. De ceux qui défient le temps par la grâce de mélodies efficaces, délicates et précieuses. Des mélodies que l’on siffle, que l’on fredonne, partout, tout le temps. A ce petit jeu-là, Tobias Jesso Jr. peut déjà se targuer d’avoir sa place tout là-haut, aux côtés des Randy Newman, Elton John, Paul McCartney et autres John Lennon. Tous ces génies créateurs de magie sur touches noires et blanches. On pense aussi au Lloyd Cole de ‘Music In A Foreign Language’ pour cette impressionnante facilité à raconter des histoires simples, de cœur pour la plupart, en toute décontraction, sur des ritournelles légères et imparables (‘Can We Still Be Friends’, ‘The Wait’). La force de ‘Goon’, c’est de proposer l’essence même d’une bonne pop song, dépouillée et sans sophistication pimpante. A ce titre, même les deux chansons produites par Patrick Carney, batteur des Black Keys, échappent à ce son reconnaissable entre mille que le duo de l’Ohio infuse dans le monde du rock au gré de productions multiples et qui finit irrémédiablement par lasser. Ici, seul Tobias Jesso Jr. compte et c’est tant mieux. Car le garçon a beaucoup à dire. Et nous beaucoup à écouter.

‘Can’t Stop Thinking About You’, ‘Without You’, ‘Can We Still Be Friends’

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