Three Trapped Tigers – « Route One Or Die »

three1801Album
(Modulor/Essential)
30/05/2011
Noise electro

Three Trapped Tigers, c’est un peu Aucan, Squarepusher et PVT, tous placés dans une centrifugeuse. Je vous vois venir: chercher des comparaisons lorsque l’on entend le premier album d’un groupe atypique, ça ressemble grossièrement à la solution de facilité. Mettez vous à ma place, et essayez plutôt de vous poser devant un clavier d’ordinateur pour parler d’un groupe qui vous a mis une bastos dans la tête lors d’un concert. Le live, c’est d’ailleurs bien le concept autour duquel gravite « Route One Or Die », oeuvre relativement courte mais absolument intense, et différente sur le fond des trois premiers EPs qui l’ont précédé.

Pour ceux qui ont suivi, cette trilogie – aux morceaux sobrement numérotés de 1 à 12 – était basée sur des arrangements électroniques plein de bravoure, particulièrement difficiles à transposer sur scène, mais servait néanmoins de superbe introduction à cet univers à la fois violent et plein de magie ayant grandit dans l’ombre, comme si ces Britanniques s’entraînaient à huis-clos pour jouer la finale de la coupe d’Angleterre (écoutez le fabuleux « 6 »). Le trio était alors fin prêt à graver sur une rondelle de la pure énergie live, une excellente vitrine pour donner l’envie d’aller apprécier dans une salle cette tornade math-rock, humainement incarnée par le clavier Tom Rogerson, le guitariste Matt Calvert et le monstrueux batteur qu’est Adam Betts.

« Route One Or Die » est une collection de morceaux instrumentaux, un arbre solide au tronc résolument rock, duquel poussent des branches métal, électro, jazz ou new-wave. « Cramm » jouit ainsi de changements de cadence incessants, de mélodies stratosphériques et de moments de calme avant l’assaut final. L’adjectif « épique » n’aura jamais été si justement employé! Dans la continuité, les londoniens jettent « Noise Trade » en pâture aux lions, un titre qui se défend bien à coup de guitare aiguisée, d’intense mélancolie et de déchaînement rythmique transformant l’arène en ruines. Si « Creepies » met un certain temps à décoller, on apprécie ce glissement de décor vers un breakbeat hardcore et macabre, contrastant avec l’electronica minutieuse de « Ulnastricter » qui se laisse aller dans une escalade accidentée, parfois confuse. « Zil » marque la mi-temps avant la reprise des hostilités, à l’image des coups de marteau assénés par « Drebin », des envolées frissonnantes de « Magne » ou la transe finale de « Reset » qui ne manque pas de nous achever au marteau-piqueur… Du très lourd Messieurs Dames.

En écoute

« Cramm »

Disponible sur
itunes1

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