The Slew – « 100% »

slew1801Album
(Ninja Tune)
09/11/2009
Turntablism rock

Retour dans les années 70. The Slew est alors un groupe rock de Seattle méconnu, emmené par le multi instrumentiste et discret Jack Slew qui fait régulièrement appel à quelques musiciens extérieurs pour coucher ses compositions sur bande. Habité par le rêve d’embrasser une carrière musicale, il construit son propre studio, se met en quête d’un label, mais les refus se multiplient à une époque ou le disco fait du rock un genre devenu has been. Un seul opus finira pourtant par voir le jour et émerger de la multitude de titres inachevés: « Dust Commander »…tiré à 50 exemplaires en white label, et distribué par le bonhomme lui même auprès des disquaires du coin.

En 2005, cette histoire à la fois drôle et pathétique interpelle le réalisateur Jay Rowlands, fan du groupe, qui parvient à enrôler Jack Slew, à l’autoriser à en faire un film documentaire, et obtenir de lui les masters de l’époque. La plupart des morceaux étant restés au stade d’ébauches, il a la bonne idée de les confier à son cousin Dynomite D (beatmaker pour les Beastie Boys notamment) et son ami Kid Koala (petit génie des platines déjà auteur de plusieurs disques chez Ninja Tune), afin qu’ils les remixent et en fassent une oeuvre plus contemporaine. Logique, quand on sait que, malgré sa rareté, le registre du The Slew originel aura souvent été samplé. Mais Jack Slew, éternel rancunier envers un music business qui n’aura jamais voulu de lui, tourne finalement les talons, et compromet définitivement le film.

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Pourtant, tout n’est pas perdu. Quatre ans plus tard et bien qu’amputé d’images, The Slew réapparait, Dynomite D et Kid Koala n’ayant pas abandonné l’idée, au point même de s’offrir les contributions de la section rythmique originelle des rockeurs de Wolfmother. « 100% » est donc finalement achevé, et voit le jour en ce mois de novembre 2009, comme sorti de nulle part. Sauf peut être pour les mélomanes avertis qui auront saisi l’occasion temporaire de le télécharger gratuitement afin de mieux apprécier les concerts que le groupe donne depuis maintenant plusieurs semaines aux Etats Unis.

Le buzz grimpe, tout le monde en parle. Mario Caldato, producteur des Beastie Boys qui s’est ici chargé du mix, y voit même un nouveau « Paul’s Boutique ». Blindé par six platines, une batterie, une basse et un synthé, le The Slew nouveau offre une nouvelle approche au rock qui revient titiller le turntablism tout en évitant l’énorme piège de tomber dans le fade crossover. Cela aurait été mal connaitre la bande du talentueux Kid Koala, plutôt auteur ici de plusieurs pépites hip hop marquées au fer rouge par l’électricité du rock et des beats qui tabassent. A commencer par « It’s All Over », premier single totalement addictif (cf vidéo ci dessous), sur lequel embraye une poignée d’autres titres (« Turn Me Cold », « Robbin Banks », le plus calme « The Grinder »), moins immédiats mais tout aussi convaincants tant ils soulignent aussi le travail technique des restaurateurs du jour. The Slew pourrait ainsi voler la vedette au très attendu Blakroc (association de The Black Keys avec une multitude de Mcs haute gamme à sortir fin novembre). Et dire que, pendant ce temps, Jack Slew en ait toujours à travailler le bois dans sa banlieue de Seattle…

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