The Last Shadow Puppets – ‘Everything You’ve Come To Except’

Album / Domino / 01.04.2016
Pop rock

Le duo britannique The Last Shadow Puppets est de retour cette année avec un second album intitulé ‘Everything You’ve Come To Expect’, successeur de l’acclamé ‘The Age Of The Understatement’ sorti en 2008. Huit ans séparent donc les deux disques, et autant de changements opérés dans la vie de ses deux compositeurs, Alex Turner et Miles Kane.

Tous deux âgés de 22 ans à l’époque, ils devenaient les nouvelles coqueluches du magazine NME, mais aussi les nouvelles idoles de toute une génération. Grâce aux deux premiers disques publiés avec Arctic Monkeys, Turner se révélait être, au milieu des années 2000, l’un des meilleurs songwriters anglais du moment, et le premier opus des TLSP lui permit notamment de confirmer qu’il n’était pas simplement un faiseur de tubes indie racontant la vie des adolescents de Sheffield, mais bel et bien un auteur et un compositeur estimable. Quant à Miles Kane, longtemps considéré comme le n°2, le bon copain marchant sur les pas de son ami Turner, il s’est depuis affranchi de cette image et a bâti outre-Manche une carrière solo, consolidant ainsi sa fan base et son image de dandy rock à la Paul Weller.

Nos deux jeunes anglais ont désormais 30 ans. Turner est devenu millionnaire, tous deux vivent près de Los Angeles et sont la plupart du temps aperçus aux premiers rangs de défilés de mode et autres rendez-vous mondains entourés de jolies filles. Le constat de ces changements de vie n’a rien d’anodin, il est malheureusement en parfaite cohésion avec l’écoute de ce nouveau disque. Car, si à l’époque le jeune duo cherchait tant à prouver, ce n’est désormais plus le cas. La timidité a laissé place à l’assurance, et les nouvelles icônes sont devenu de simples vedettes. L’album souffre de cet excès de confiance et de ce manque d’ambition.

Enregistré aux studios Shangri La à Malibu en compagnie de James Ford (Simian Mobile Disco) et d’Owen Pallett (Arcade Fire), ‘Everything You’ve Come To Expect’ est un disque digne, élégant, soigné, mais qui manque cruellement d’inspiration (‘Sweet Dreams TN’, ‘The Element of Surprise’). La production est lourde, à l’image du dernier album des Arctic Monkeys également produit par Ford, et les arrangements cordes d’Owen Pallett peinent à sauver certains titres (‘The Dream Synopsis’, Dracula Teeth).

Ainsi, sur les onze morceaux qui composent le disque, seulement quatre sont réellement marquants. Tout d’abord les deux premiers singles (le tortueux et badass ‘Bad Habits’ ainsi que la sublime ballade éponyme ‘Everything You’ve Come To Expect’) qui, par leurs facettes opposées, promettaient à eux deux bien plus que la totalité de l’album. Puis ‘Used to Be My Girl’ et ses sombres chœurs façon Queens Of The Stone Age, ainsi que ‘She Does the Woods’ aux accents très Nick Cave, tous deux très réussis.

Bien que certains éléments qui faisaient la signature TLSP soient toujours présents (on les retrouve notamment dès l’entame ‘Aviation’ avec ses sonorités quasi cinématographiques), ce nouvel album n’est clairement pas aussi passionnant que son prédécesseur. Le temps a passé et ‘Everything You’ve Come To Expect’ puise son caractère dans cette vie bien trop paisible trouvée sur les plages de la côte ouest américaine. S’ils souhaitent à nouveau surprendre, nul doute que Turner et Kane devront tôt ou tard opérer un retour aux sources et se mettre en danger. Un disque bien évidemment promit à un succès commercial mais, côté surprise, on repassera.

‘Everything You’ve Come To Expect’, ‘Bad Habits’, ‘Used to Be My Girl’, ‘She Does the Woods’, ‘Pattern’

À lire ou écouter également:

, , , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire