The Do – « Both Ways Open Jaws »

do180Album
(Cinq 7)
07/03/2011
Indie pop

Début 2008, un duo mixte débarque sur la planète musique sans véritables bagages. Connu de tous ceux qui auront tendu l’oreille sur la synchro d’une pub télé rabâchée, mais seulement reconnus par ceux qui l’auront croisés aux Transmusicales ou lors de quelques prestations scéniques aussi éparses que sold out, The Do fut incontestablement porté par le buzz avant même la sortie de son premier album. Et pour cause, malgré leur jeunesse, Dan et Olivia laissaient déjà se dégager une personnalité musicale incontestable, de celle qu’on croise le plus souvent chez les plus grands, désireux de fuir leur routine. Avec eux, un vent rafraîchissant soufflait sur les scènes de France puis de l’étranger, car fort logiquement, le pointu et affirmé « A Mouthful » n’a pas trouvé écho que chez nous. Ainsi, le temps de trois années, The Do aura forgé son registre, renforcé ses envies, décuplé ses ambitions, pris conscience de son potentiel, puis se sera remis en question, en danger, en vue du toujours redoutable exercice du second disque, celui qui généralement passe ou casse.

Désormais entouré d’une petite dizaine de musiciens sur scène, c’est pourtant bien des deux cerveaux originels que chaque idée est née, avant d’être sensiblement revue et corrigée dans la mare du collectif. Car Dan et Olivia ne lâchent rien, ne se permettent aucune concession, aucune facilité non plus. C’est une certitude: « Both Ways Open Jaws » est un album complexe qui, pourtant, trouvera une nouvelle fois quelques oreilles novices dans lesquelles se lover. Et c’est bien ce qui est appréciable chez The Do: un degré d’exigence envers lui-même qui ne se traduit jamais par une prétention répugnante. En musique en tous les cas. D’où ce plaisir d’avoir chaque fois affaire à un registre novateur et original, si facilement mis sur un piédestal au milieu de cet affligeant formatage qui règne chez les musiciens d’aujourd’hui.

Trois ans sont donc passés depuis « A Mouthful », et avec eux le désir croissant d’emmener encore plus loin l’inspiration, d’accoucher d’un nouveau disque plus riche, mieux produit, bien que ce soit encore le groupe lui-même qui s’en soit chargé du début à la fin, sans jamais faire appel à un quelconque gourou de studio qui n’aurait jamais compris ou le duo voulait aller. Au mieux, il l’aurait formaté, au pire il aurait totalement privé chaque morceau de son âme. Alors, « Both Ways Open Jaws » possède incontestablement plus de relief, renforce un peu plus encore la notion de groove et d’orchestration (cuivres et cordes notamment sur « The Wicked & The Blind », « The Calendar » ou « Quake, Mountain Quake »), fait appel à une plus large tonalité de chant (l’exaltante intro « Dust It Off », « Leo Leo »), sans jamais égratigner une autre qualité indéniable de The Do: ses mélodies, celles qu’on retrouve par exemple sur le refrain de « Gonna Be Sick » ou dans la mélancolie du prenant « Was It a Dream? ».

Ce nouvel opus s’inscrit ainsi dans la suite logique d’un premier opus dont on retrouve ici quelques réminiscences: une pincée de tubes marginaux poussés jusque dans les moindres détails (« Too Insistent », « Smash Them All »), l’usage généreux de charmes envoûtants et venimeux (« Bohemian Dances »), quelques pointes tribales (« B.W.O.J »), comme une admiration pour MIA à peine dissimulée (« Slippery Slope »). Mais n’allez surtout pas en conclure que The Do y est allé à tâtons. Loin de là: autant la démarche à la fois hermétique et rigoureuse du duo peut paraître prétentieuse, autant elle est clairement responsable de la magie opèrant tout au long de ce disque qui fait indéniablement faire à ces petits génies un pas en avant plutôt que sur le côté.

En écoute

The Do – « Too Insistent »

Disponible sur
itunes3


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Une réponse à The Do – « Both Ways Open Jaws »

  1. frederic 16 mars 2011 à 14 h 44 min #

    album sans intérêt , je n’entends pas ou vous trouvez du groove. C’est mignon bobo tout plein comme leurs membres mais ca manque cruellement de profondeur. Sur scène c’est carrément chiant depuis qu’ils se prennet pour arcade fire… N’est pas arcade fire qui veut .

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