Take – « Only Mountain »

take1801Album
(Alpha Pup)
20/04/2010
Electro hip hop / IDM / dubstep

C’est certain, il n’y a pas que la tectonique des plaques qui affole en ce moment tous les sismographes de Los Angeles, aux sursauts de plus en plus rapprochés et répétés depuis que la bass music s’y est faite son nid. Flying Lotus, Nosaj Thing, Lorn, même The Glitch Mob, sont autant d’explications aux secousses constatées récemment en Californie, ressenties jusqu’en Europe ou au Japon. Un seul conseil: réviser vos fondations car le phénomène n’est pas prêt de s’éteindre aux vues du travail effectué ces temps ci par des labels comme Brainfeeder ou Alpha Pup, usant de leur force de conviction pour rapatrier au sein de leur catalogue de jeunes talents comme des producteurs expérimentés. C’est à la seconde catégorie qu’appartient Take, responsable d’un excellent « Only Mountain » venant clore sa première décennie de carrière. Treize titres, et autant de démonstration de ses multiples talents, ceux là même dont il abuse allègrement pour accoucher d’un electro hip hop bien coincé entre le dubstep et l’IDM, entre expérimentations et productions aussi mélodiques qu’accessibles (« Neon Beams »). Inutile de préciser que le californien est ici armé des meilleures intentions: qu’il s’agisse de sa facilité à pondre des rythmiques complexes (« Horizontal Configuration », « If We Don’t Go All Insane », « Paper Garden »), de privilégier sans limite les basses et plus généralement le groove (« Crystallia », « Don’t Look Now », « Juniper »…), Take n’est pas là pour faire de la figuration, ni même pour prendre en marche le train que ses jeunes homologues surdoués ont réussi à démarrer, et qui devient incontestablement « the new place to be » pour espérer faire parler de soi. A l’écoute de « Begin End Begin », on entend même un producteur assez couillu pour s’aventurer avec brio sur le territoire pourtant très bien gardé d’Amon Tobin. Voilà juste de quoi rappeler que, si la scène musicale de Los Angeles se porte si bien, c’est avant tout parce qu’elle peut compter sur de véritables et talentueux musiciens qui ont fini par trouver le juste milieu entre innovation et accessibilité. La bass music n’a pas fini de faire tâche d’huile…

En écoute

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itunes14

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