Superchunk – « Majesty Shredding »

super180Album
(Merge)
24/09/2010
Power pop

Le futur de la musique n’étant principalement qu’une file d’attente de revivals dictés par l’héritage des générations, il apparaît logique que ce soit désormais au tour des années 90 de revenir faire des émules. Les réminiscences eighties consommées jusqu’à la lie, comme les incessantes reformations de ces derniers mois n’auront d’ailleurs fait que contribuer à l’ouverture d’une nouvelle décennie placée sous le signe de l’indie rock mélodique de nos vingt ans, nettement plus excitant sous ses airs authentiques. Après Far, Soundgarden et Pavement pour ne citer que ceux-là, c’est donc à Superchunk de faire son retour parmi les quadragénaires rugissants, et de mettre un terme aux neuf ans d’absence qui séparent ce « Majesty Shredding » du précédent « Here’s To Shutting Up ».

Si l’espoir de revoir le groupe restait de mise tant qu’il n’avait pas officiellement jeté l’éponge, peu finissaient par croire à une résurrection. L’emploi du temps chargé de Mac McCaughan et Laura Ballance, patrons du label Merge (Arcade Fire, Caribou, Dinosaur Jr, Spoon…), devenus parents entre temps, finissait même par décourager les plus rêveurs. Pourtant, bien qu’avec une intensité fortement réduite, Superchunk n’a jamais cessé de jouer ni de composer, jusqu’à ce que l’envie de revenir pour de bon finisse par s’entendre tout au long d’un nouvel album énergique et appliqué, plus proche de l’esprit de ses débuts, la technologie 2010 en plus.

C’est donc avec une fraîcheur de jeune surdoué que Superchunk revient aux affaires, soulignant par la même occasion l’immense talent de McCaughan, songwritter principal et forcé de ce « Majesty Shredding » étant donné la distance qui a séparé le couple du batteur Jon Wurster durant la phase de composition. En résultent d’incroyables tubes en mode colle extra-forte (« My Gap Feels Weird », « Crossed Wires », « Hot Tubes »), des refrains bons à nous faire ressortir les skateboards (« Rope Light »), des solos de guitare jouissifs (« Everything At Once »), et des ballades qui s’amuse à souffler sur les fleurs de pissenlit (« Rosemarie »).

Tous sèmeraient presque la confusion dans l’arbre généalogique du genre. En effet, gommez les dates et « Digging For Something » ou l’imparable « Learned to Surf » pourraient aisément être considérés comme des plagiats de Get Up Kids. C’est ainsi, la roue tourne, on s’étourdit, et les premiers redeviennent derniers. Mais avec, à leur avantage, cette immense expérience qui illumine et rend de nouveau irrésistible ce qu’on pensait ne plus avoir le courage d’écouter. Pour cela, « Majesty Shredding » est une démonstration de force, un bout de printemps éternel qui ne pouvait faire office de meilleur déclic. On va passer de bons moments…

En écoute

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itunes15

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