STNNNG – « Empire Inward »

st180Album
(Rejuvenation)
04/2013
Noise rock bluesy

Sur la lancée de l’excellent « Smoke Of My Will » qui, il y a trois ans, l’imposait définitivement parmi les plus ardents défenseurs du noise rock américain, STNNNG réitère avec « Empire Inward », un nouveau coup de burin sur un clou qu’on aurait juré déjà enfoncé à son maximum. Pour y parvenir, le combo de Minneapolis s’y est mis à deux mains: celle du studio Electrical Audio pour l’enregistrement signé Albini, et celle d’Abbey Road pour le mastering. Rien de moins pour fêter comme il se doit son dixième anniversaire… Du coup, on comprend très vite que le quintet n’a pas mis ainsi les petits plats dans les grands pour ne pas poser bien franchement ses « bollocks » sur la table du banquet. Le temps de ses huit titres trop vite expédiés en vingt sept minutes, cet album sonne véritablement le passage au plat de résistance, au gros du morceau. A la fois succulent et relevé, « Empire Inward » use alors de tous ses atouts sans jamais en abuser. Question de justesse… Ainsi, rythmique imperturbable, guitares qui discourent, et le chant particulier de Chris Besinger fusionnent pour varier les plaisirs, distribuer les nions. Et cela qu’ils la jouent heavy en feintant AC/DC (l’ouverture « Ring And Roar ») et jusqu’en lâchant littéralement les chiens (l’énorme « Braindumb », « Ballad Of The Drunken World »), qu’ils préfèrent mettre la pédale douce sur des titres étonnement plus calmes et contenus (le volatile « Texas Disco »), ou qu’ils retournent à ses fidèles accents blues finissant de vernir ses contours bien ricains (« Old Fool & Crow », l’incandescent titre éponyme, « Adam Justified »). En couvrant avec autant de brio et d’assurance un spectre allant de Jesus Lizard à June of 44, en passant très brièvement par Shellac et Pissed Jeans, STNNNG n’attend plus qu’on lui ouvre la cours des grands. Il s’y invite.

LP disponible chez Rejuvenation Records.

itunes31

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Une réponse à STNNNG – « Empire Inward »

  1. P. 25 avril 2014 à 19 h 38 min #

    Vus à la soirée « De bruit et de fureur » à Bobigny en février, je ne m’étais jamais autant marré à un concert. Rois du quatrième degré ou énormes beaufs, ça reste un mystère.

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