Sparklehorse & Dangermouse – « Dark Night Of The Soul »

dark180Album
(Free download)
06/2009

Le bruit d’une collaboration entre Sparklehorse et Dangermouse, producteur en vogue et à l’agenda totalement noirci par l’enchaînement incessant de projets, courait depuis que le premier ait fait appel au second pour son album « Dreamt For Light Years In The Belly Of a Mountain ». Dés lors les choses ont suivi leur cours et, bien que quelques informations aient filtré tardivement, Dark Night Of The Soul était déjà pressenti comme une des sorties de l’année 2009. Incontestablement. Il le sera, c’est certain, mais plus sur le fond que sur la forme, la faute à quelques imprévus juridiques l’empêchant d’être commercialisé, et qui auront donc totalement chamboulé les plans. Une mauvaise nouvelle qui en implique cependant une meilleure puisque l’album est désormais légalement offert au téléchargement partout sur la toile. Plus d’excuse donc pour s’en passer. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’un album totalement incontournable s’offre à la portée de tous.

Evidemment, Dark Night Of The Soul tient toutes ses promesses. Et pour cause, Linkous s’est attelé à la composition de ballades pop aussi tristes qu’attendrissantes et toujours du meilleur goût, Dangermouse y a posé sa patte reconnaissable, et une vitrine de luxueux featurings sont venus y poser leur voix. Sans compter sur la contribution du réalisateur David Lynch, auteur de quelques photos inspirés par la musique, disponibles au sein du coffret (cf ci dessous), et qui poussent même jusqu’à chanter sur deux titres: l’excellent « Star Eyes » à la mélancolie divine comme aux finitions électroniques subtiles, et le glauque et poisseux titre éponyme qui clôt le disque. Tous deux, sans être les meilleurs moments du projet mais en réunissant aussi brillamment les mondes de la musique et du cinéma, auraient déjà suffi pour nous éviter toute déception.

Le reste, duquel se distinguent plusieurs volets, n’est alors qu’étincelles. L’entame de ce Dark Night Of The Soul aligne quelques pépites pop comme rarement le genre en a servi: Jason Lytle (Grandaddy) se montre à l’apogée de son art sur « Jaykub », Wayne Coyne (The Flaming Lips) illumine « Revenge » jusqu’à glisser délicatement sur ses cordes, et Gruff Rhys (Super Furry Animals) en fait de même sur un « Just War » au refrain empirique et indélébile. Le rock, un ton légèrement en dessous mais indispensable à la cohérence du tout, offre alors une parenthèse le temps des participations de Julian Casablancas des Strokes (« Little Girl »), Black Francis (« Angel’s Harp ») et Iggy Pop (« Pain »). Enfin, retour à une pop un brin psychédélique: Lytle remet le couvert (« Everytime I’m With You »), Linkous s’allie à Nina Persson des Cardigans (« Daddy’s Gone »), Suzanne Vega use de ses charmes (« The Man Who Played God »), Vic Chesnutt installe son ambiance romantico-dramatique (« Grim Augury »), et James Mercer (The Shins) avance avec une facilité déconcertante sur « Insane Lullaby », morceau le plus expérimental au titre finalement explicite, mais définitivement un des grands coups d’éclat du projet.

De mémoire de (encore) jeune mélomane, rarement la musique n’avait offert tant de cohérence, tant de perfection continue au sein d’un même album, et surtout tant de grands noms pour venir définitivement imposer un disque au panthéon de la pop, sur lequel chaque contributeur se voit accorder le droit d’y graver son nom. Certes, remis dans son contexte, cette sortie perd indiscutablement de sa valeur. Mais, quoi qu’il arrive, pour tout cela, on s’en souviendra.

NB: les accrocs de l’objet ont toujours la possibilité de commander le livret photos de David Lynch, accompagné d’un CD-Vierge « à utiliser comme bon leur semble« , sur le site officiel.

Album disponible en intégralité ici.

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