Sonic Youth – « The Eternal »

sonic180Album
(Matador)
08/06/2009

Il y a des mots piégés lorsque’ on évoque Sonic Youth: New York, Experimental, Arty. Des mots qui n’ont plus aucun sens. Ou qui ont déjà servis tant de fois, pour une chanson, un titre d’album, le prénom de la petite dernière. Le groupe lui-même, piège à critique, s’en amuse sûrement. Et se marrer avec Sonic Youth, c’est pas tous les jours…

« I wish I could be music on a tree
Noise Nomads and me
Levitating, spinning around »

– Sacred Trickster –

Alors il ressemble à quoi ce groupe aujourd’hui? A combien de vie de chat a t-il droit? Exit Jim O’Rourke, welcome to Mark Ibold. La venue du bassiste de Pavement changerait-elle quelque chose? On vous l’a dit, tout ça est piégé. On ne sait plus par quel bout les p(r)endre. Alors on créé le mythe, on raconte l’Histoire, la conceptualise. Et si, comme le plus talentueux des champions de Boxe, Sonic Youth remettait son titre en jeu sur cette dernière sortie, qu’en resterait-il? Peut être le seul moyen de revenir à la musique.

Dès l’ouverture, « Sacred Trickster », meilleur titre de cet album, rend les choses très familières. Echos de « Dirty », ces fameux open-tunning suspendus laissent très vite place à une petite bombe pop/punk. Celle là même qui définit le « cool » des années 90 et qu’on appella grunge. La vraie surprise se trouve juste après: « Anti Orgasm », morceau balourd à deux voix, conjugue comme il peut les rythmiques sautillantes de la no-wave 80 avec un refrain qu’Alice Cooper lui même aurait trouvé un peu trop évident, avant de s’engouffrer dans un long couloir de Temesta.

A partir de là, on comprend que chaque chanson aura sa trouvaille. Ici une accroche vocale (« Leaky Lifeboat »), là une ligne de basse (« What We Know ») et partout ailleurs, des guitares qui tiennent les fondations de ce fragile album. Une idée: une chanson! Ensuite, quelqu’un? Même les morceaux de Lee Ranaldo, autrefois pièces maitresses et viviers de melancolie, laissent un goût de pop noise facile et interchangeable. Mais une chose ne change pas: la voix de Kim Gordon. Celle qui réconforte depuis plus de 25 ans tous les ados timides ou mal dégrossis. Et ce sex appeal n’est pas prêt de disparaitre, à en croire l’étreinte de près de dix minutes qu’est « Massage The History ».

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