Son Lux – ‘Bones’

Album / Glassnote / 23.06.2015
Electro pop saisissante

La dernière tournée de Son Lux semble avoir boosté Ryan Lott: jouer live, accompagné d’un batteur et d’un guitariste, lui a permis de réadapter sa musique électronique dans un élan plus énergique et épuré, sans perdre en chemin sa singulière faculté à faire se lever les poils des bras. Une expérience qu’il semble avoir mis en pratique avec ‘Bones’, nouveau chapitre à l’écriture plus rythmique et directe.

Production d’orfèvre, arrangements chirurgicaux entre quête du divin et sonorités cisaillées… Son Lux délaisse ici les avalanches symphoniques pour mettre en avant voix, guitares et couches rythmiques alambiquées dans un cheminement de plus en plus complexe. Il creuse ainsi, plus profond encore, son écriture très personnelle et sa faculté à faire cohabiter ambiances entraînantes et introspectives, parfois même au sein d’un même titre. D’ailleurs, chaque fragment de ‘Bones’ possède une identité propre. Et bien que la recette de composition semble plus proche de son dernier album ‘Lanterns‘, l’abstraction flagrante d’orchestrations moins lisses nous renvoie également vers ses débuts plus minimalistes de l’époque ‘At War With Walls And Mazes‘, timidité gommée, l’expérience et l’assurance en prime.

Ainsi, l’album se décline en chapitres cohérents et variés. Partout, les airs s’imprègnent dès la première écoute. Parmi eux, ‘Change Is Everything’, ‘Flight’, ‘I Am The Others’ aux lignes de chants poignantes, le magnifique ‘Undone’ où rythmique et guitares légères se muent en un final jazzy, ou encore ‘White Lies’ et sa conclusion transe techno, s’imposent comme d’incontestables réussites. Et quand il est question de revenir à l’essence originelle de sa musique, Ryan Lott met en œuvre toute la fragilité de sa voix avec ‘Your Day Will Come’ ou ‘Breathe Out’.

Coutumier du fait, il dépose avec ‘Bones’ un album soigné, dont précision et maîtrise sont les maîtres mots, où chacun des paramètres et chaque structure semble inspecté(e) à la loupe avant d’être figé(e) sur sillons: un travail de fourmi qui fait de ce disque le plus abouti de cet inimitable bonhomme, avec en prime une dose d’énergie semblant plus que jamais taillée pour la scène.

‘Flight’, ‘Undone’, ‘White Lies’

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