Sigur Ros – « Kveikur »

Album
(XL Recordings)
17/06/2013
Post rock increvable

Avec trois titres lâchés en amont depuis le début de l’année, et une écoute intégrale avant la sortie, Sigur Ròs s’est montré plutôt généreux avant la parution de son septième album studio. Les fans chanceux ayant récemment eu l’occasion de les voir sur scène ont également pu apprécier avant l’heure quelques nouveaux morceaux en conditions optimales, observant alors la bande se prendre quelques nouvelles libertés jouissives. A vrai dire, on est même heureux de constater que le dernier album « Valtari« , plat et ennuyeux par son côté excessivement contemplatif, n’était finalement qu’une parenthèse expérimentale dans une discographie qui ressemblait jusqu’alors à un sans-faute. En effet, en presque vingt ans d’existence (oui, déjà), le groupe n’a cessé de monter en puissance pour rattraper Björk au rang d’ambassadeur islandais. Là où la chanteuse est devenue mondialement connue avec une personnalité extravagante et des chansons parfois difficiles d’accès, Sigur Ròs a opéré sa progression dans la discrétion pour enfin gagner un succès de plus en plus large, ce qui n’était pas acquis d’avance pour une musique aux ambiances stratosphériques et aux paroles impénétrables.

Jònsi, chanteur à la voix angélique, continue ici de mélanger sa langue natale avec un dialecte inventé, à peine compréhensible par ses 320 000 compatriotes. Ainsi, il privilégie efficacement des refrains accrocheurs qui viennent percer des textures plus directes et incisives: une dynamique définitivement rock que l’on retrouve par-dessus tout sur « Kveikur », morceau-titre particulièrement agressif et pourtant bien estampillé Sigur Ròs. Dans le même registre, l’énergie dégagée par le rugueux premier single « Brennistein » n’annonçait que de bons présages, les islandais oubliant alors les intros à rallonge en entrant directement dans le vif du sujet, un état d’esprit omniprésent sur le disque. D’autre part, tel un puit d’inspiration inépuisable, le groupe parvient toujours à inventer des mélodies magiques sans réellement changer sa recette de base. C’est le cas sur la richesse orchestrale de « Hrafntinna », le naïf « Stormur » ou le fabuleux « Isjaki » – entre autres – qui les présentent au top de leur forme même si, inévitablement, cela ressemble un peu à du déjà-entendu. Finalement bien plus qu’une agréable surprise, « Kveikur » est définitivement un réel plaisir. Comme chaque nouvelle ligne discographique écrite par la bande.

itunes16

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