Shawn Lee – ‘Golden Age Against The Machine’

Album / BBE / 06.05.2014
Hip hop & more

Tout ce que touche Shawn Lee se transforme généralement en véritable pépite groovy. Mais ça, peu de gens le savent, bien qu’ils aient forcément vu passer un jour sous leur nez au moins un des trente albums sortis de son studio, sous son nom, celui de son Ping Pong Orchestra, sous un autre patronyme (le mystérieux Clutchy Hopkins par exemple), ou tout simplement à l’occasion d’une des multiples collaborations qui ont également fait sa discographie. Parce que le mec ne s’arrête jamais, et se fout totalement qu’une horde de fans ne transforme jamais la distance qui sépare son appart’ de la boulangerie la plus proche en parcours du combattant. Dans ses mains, certes avec une réussite inégale, tous les styles musicaux se sont un jour retrouvés malaxés, au premier rang desquels le funk, le downtempo, le jazz, la pop, le rock psychédélique et la soul.

Aussi incroyable cela peut il paraitre, un seul n’était encore jamais passé à sa moulinette: le hip hop. Avec ‘Golden Age Against The Machine’, c’est désormais chose faite. Le londonien d’adoption revisite à sa manière le Golden Age, cette période fructueuse partie du début des années 80 jusqu’aux milieu des nineties, au cours de laquelle Prince Paul, De La Soul, les Beastie Boys et quelques maitres du genre ont su se distinguer. Shawn Lee en a hérité du son analogique comme des rythmiques qui jonchent la grande majorité de ses travaux passés, et que l’on retrouve donc logiquement au fil de ce nouvel album souvent old school mais absolument jamais archaïque. Sans compter la performance qu’il incarne, ce ‘Golden Age Against The Machine’ étant totalement débarrassé de sample, au profit des scratches, des claviers et d’une batterie.

Si la formule peut paraitre réductrice sur le papier, c’est bien mal connaitre Shawn Lee, ses talents de multi-instrumentiste, et son habitude de toujours imprégner ses productions d’une expérience débordante, d’une culture musicale impressionnante. Chez lui, chaque projet nourrit généralement le suivant, ce qui n’est pas sans servir la grande richesse affichée tout au long de ces dix sept titres d’une rare diversité pour un album de hip hop. Lancé sur les chapeaux de roue avec ‘Forward To The Past’ et son funk rappelant les block parties des années 80, ‘Golden Age Against The Machine’  traverse alors les années et les couleurs qui vont de paire.

Entre apparitions solo totalement imprégnées de sa marque de fabrique et une majorité de collaborations (Braille, Ohmega Watts, Earl Zinger, Busdriver, Princess Superstar…), ce sont Influences break old school (‘Back To The Future’), boom bap (‘Stay On Course’), jazz funk (‘Christophe’), disco (‘Baby Breakin’), downtempo cinématographique (‘Hip Hop Harpe’), reggae (‘Rock Steady’), jazz (‘We Got The Jazz’) et RnB (‘I Just Had a Baby’) qui s’étalent alors tout au long d’un album qui, de fait, se boit comme du petit lait. Certainement pas de quoi se faire porter son pain, mais ‘Golden Age Against The Machine’ confortera les fans du bonhomme, heureux de voir leur secret bien gardé.

‘Rock Steady’, ‘We Got The Jazz’, ‘Boom Bap’, ‘Christophe’

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