Rone – « Tohu Bohu »

rone180Album
(InFiné)
15/10/2012
Electro

Erwan Castex aka Rone, parisien adopté par l’Allemagne, n’a cessé de se gorger de sa nouvelle atmosphère berlinoise à la fois paisible et effervescente, mais aussi de son être tout entier, fertile et animé de tout ce qu’une femme ou un homme peut ressentir au jour le jour. « Tohu Bohu » est un grand désordre, littéralement. Mais à l’inverse, il reflète la synthèse admirable de sa propre confusion, comme un apprivoisement souverain, une parfaite guérison avec cette délectable manie de la mettre en musique. Il vaut parfois mieux s’armer d’un bon paradoxe plutôt que de l’évidence même.

Certains se laisseront piéger dans la facilité de jugement, blâmant un changement avec le regret de ne pas trouver ici le Rone du passé. Mais n’est-ce pas un talent que de ne pas se mettre au cran et de persister dans son authenticité? C’est élémentaire. Le fait est qu’il faut se laisser porter un peu plus loin que le bout de son nez. C’est une ode, une prose intense pour ceux qui aiment à s’abandonner. Ce n’est qu’une image parmi d’autres, mais si votre sensibilité n’est pas vaine, alors vous voyagerez. Les mélodies rêveuses, calmes et chaudes (non sans rappeler le morceau « Nakt » extrait de l’EP « So So So ») s’habillent d’une élégance décomplexée et percent à jour vos plus intimes sensations (« Tempelhof » ou le sublime « Parade »). On danse. Les rythmes sont davantage décomposés (« Bye Bye Macadam ») et l’album s’offre des compositions plus sombres, visions d’une céleste mélancolie (« Fugu Kiss », « Beast ») avant d’atteindre des sphères angéliques non moins délicieuses (« La Grande Ourse »). Les collaborations assez singulières couronnent le tout et dénotent quelque peu, sans pour autant éloigner l’attention. L’ensemble vous suspend telle une épaisse volute fiévreuse dont on aurait du mal à s’extirper, la dépendance est entière.

A l’écoute de ce disque d’une délicate réussite, on s’impatientera alors pour la suite en laissant s’effacer les échos de ce qui pourrait bien être la représentation sonore d’un agréable frisson. Rone offre une sacrée bouffée d’air frais à s’en emplir les poumons jusqu’à l’étourdissement. Et ça fait du bien. Laissez-vous porter sans craintes, mes chers. Et relancez-le autant de fois qu’il sera nécessaire.

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