Quakers – « Quakers »

quakers180Album
(Stones Throw)
26/03/2012
Tuerie hip hop

C’est peut être résumer un peu trop brièvement la scène hip hop actuelle, mais à voir des labels de la trempe d’Anticon et Galapagos4 en quête perpétuelle d’un second souffle, le genre n’a ces temps-ci que trop peu d’alternatives à présenter aux excellents, productifs, incontournables Stones Throw et Rhymesayers depuis que El-P a décidé de fermer la boutique Def Jux. Bizarrement donc, et à la surprise générale, ce n’est pas à des habitués du genre qu’on doit l’album de ce début d’année, celui capable de marier deux écoles, deux approches avec la plus grande cohérence.

En effet, avant de reprendre les manettes en vue d’un nouvel album de Portishead, et alors que leur label Invada leur laisse quelques temps de répit, Geoff Barrow (aka Fuzzface) et Stuart Mattews (aka 7-Stu-7) se sont alliés au prometteur australien Katalyst pour donner naissance à Quakers, collectif d’une bonne trentaine de Mcs paradant pour l’occasion sur les productions de ce trio de choc, désireux – comme nous – d’entendre pour de bon l’album hip hop qu’il attendait mais qu’il ne voyait jamais venir.

Forts de leur talent respectif et de l’osmose trouvée, les trois se sont donc appliqués à l’ériger, puis à faire appel aux voix qu’il leur fallait pour définitivement placer la cerise tout en haut du gâteau. Ainsi, entre artistes confirmés, futurs talents, Mcs et soulmen, on croise ici Guilty Simpson, MED, Jonwayne, Diverse, Prince Po, Phat Kat, Booty Brown (The Pharcyde), Dead Prez, Aloe Blacc, tous embarqués dans l’aventure pour faire le liant au sein d’une intéressante diversité occultant pleinement les notions locales, ce vieil affrontement entre les deux côtes. Quoi de plus normal de la part de trois producteurs qui, de par leur origine, ne l’ont jamais vécu ni alimenté?

Découpé en une quarantaine de titres généralement très courts (parmi lesquelles une dizaine d’interludes, décoratifs avant tout), Quakers ne laisse pas de place à la lassitude, balance sans cesse l’auditeur dans le décor, notamment sur ses titres les plus forts, ceux qui interviennent à espace régulier comme pour rappeler insolemment à quel point des maitres du trip hop sont capables de venir piétiner un territoire nouveau pour eux.

Ainsi, difficile de rester insensible aux effluves funk et/ou psychédéliques typiquement californiennes de Quakers (« Smoke », « Mummy », « There It Is », « Soul Power », « Get Live »), à ses élans sombres, oppressants et bruitistes autrefois chers à l’underground new yorkais (« Russia With Love », « Jobless », « Belly Of The Beast », « Dark City Lights », « War Drums »), quand il ne choisit pas tout simplement – mais avec une redoutable efficacité – de tout miser sur le sample (« Fitta Happier », « What Chew Want », « I Like To Dance », « Rock My Soul », « Chucky Balboa »). Avec ces trois facettes bien distinctes qu’ils conjuguent à toutes les sauces, avec la plus grande habileté et sans aucun temps mort, les trois signent incontestablement ici un peu plus d’une heure d’un hip hop qui s’écoute de nouveau avec passion. Une des pièces maitresses du genre en cette année 2012, cela va sans dire…

En écoute

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