Quadrupede – ‘Togoban’

Album / Black Basset / 01.12.2014
Math rock electronica

Dans la famille des quadrupèdes, le duo manceau trouve peut-être son équivalent le plus significatif chez la tortue. Comme elle, il avance doucement mais sûrement, préférant laisser les autres courir les lièvres pendant qu’il s’affaire à ne rien laisser au hasard, surtout pas son équilibre. La preuve avec ‘Togoban’, premier album qui atteste de l’incroyable chemin parcouru par le groupe depuis un Ep prometteur mais fragile et indécis, sorti il y a déjà deux ans. Désormais bien droit sur ses deux pattes, Quadrupède a rangé ses idées, les a canalisées aussi, avant de les confier à Matt Calvert: producteur qui avait déjà contribué à la révélation Three Trapped Tigers, combo anglais encore trop méconnu avec qui le duo partage aujourd’hui pas mal de points communs, notamment ce goût très prononcé pour les arrangements électroniques. Parce que si guitare et batterie font incontestablement le squelette de ‘Togoban’, c’est bien tout ce qui vient s’y broder qui lui offre ses goûts et ses couleurs. Vous noterez l’emploi volontaire du pluriel, pour s’accorder avec les ‘claques’ et ‘frissons’ qui ponctuent l’écoute.

De fait, cet opus prend un malin plaisir à dézinguer les préjugés qu’on pourrait entretenir au sujet de ses géniteurs. Quadrupède a beau afficher bien haut sa technique, chacun de ses titres peut bien posséder plusieurs niveaux de lecture, jamais son math rock electronica ne finit par s’adresser uniquement à des oreilles élitistes, bien éduquées au mélange des genres. La preuve avec les trois incontestables piliers de cet album qui ne sont pas sans convoquer sur le ring les confirmés Battles (l’irrésistible ‘Rhododendron’ rappelle ‘Atlas’), Electric Electric et 65daysofstatic. Tous sont susceptibles de finir… à quatre pattes devant l’inspiration et l’efficacité d’un batteur nerveux, à la frappe millimétrique, et généreux en multiples changements de rythme (‘Mambo Pomelo’), comme d’un guitariste superposant les riffs avec autant d’aisance qu’il tire une mélodie ou use de claviers pour définitivement projeter les titres en orbite (‘Astro’): exactement là où, malgré un voyage clairement trop court, Quadrupède donne rendez vous à l’auditeur aux yeux et aux oreilles plein d’étoiles. Vivement le retour.

‘Mambo Pomelo’, ‘Rhododendron’, ‘Astro’

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