POS – « Never Better »

pos180Album
(Rhymesayers)
04/05/2009

C’est d’une logique implacable: après avoir été plus ou moins repoussé dans leurs derniers retranchements, les genres musicaux tendent à aller voir ce qui se passe ailleurs. Comme le rock et l’électro, le hip hop ne fait pas exception à la règle et voit nombre de ses représentants les plus médiatisés s’essayer à d’autres exercices, de Kanye West récemment transformé en pop star à Lil’Wayne qui s’apprête à sortir un album rock. Ayant toujours abordé la musique ainsi, partagé entre ses talents de MC/producteur/multi instrumentiste et son passé punk/hardcore, POS regarde ce beau manège non sans amusement et un sourire en coin. Car, grâce à ses deux premiers opus «Ipecac Neat» et «Audition», il possède une longueur d’avance conséquente, évite la foudre décrédibilisante de l’opportunisme, et enfonce encore un peu plus le clou avec «Never Better» qui redéfinit une fois de plus le mariage possible du rock et du hip hop. En quinze titres, POS innove, faisant définitivement des roulements de batterie («Purexed»), parfois appuyé par l’instrument live («Let It Rattle»), et des sons saturés («Terrorish») sa marque de fabrique, le tout balancé dans l’urgence héritée de son passé musical comme de références telles Minor Threat, Refused ou Fugazi (d’ailleurs cité et samplé sur «Savion Glover»). Ce qui ne l’empêche pas de faire parfois pencher la balance et ménager les oreilles sensibles en optant notamment pour un beat meurtrier couplé à un refrain chanté («Been Afraid», «Never Better», ou l’immanquable «Goodbye», proches de Sage Francis). Un exemple parmi d’autres de concession habilement faite, preuve de sa maturité grandissante qui l’amène aussi à pondre quelques titres qui marqueront certainement l’histoire du hip hop underground, aussi contrastés soient-ils: du suffocant «Drumroll» tiré par une cascade ininterrompue de caisses claires et de clins d’œil au hardcore le plus viril, au plus léger et festif «Low Light Low Life», en passant par quelques bons compromis («The Basics»). Ajoutez à cela la rage et les critiques sociales, fond de commerce récurrent du genre, et «Never Better» joue franchement des coudes jusqu’à atteindre les premiers rangs, et ne laisser vacantes que deux seules places sur le podium hip hop de 2009.

Le clip de « Drumroll »:

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