Piano Chat – « Ours Molaire »

pia180Mini album
(Kythibong)
06/2011
One man noise

Il y a ces groupes qui alignent une poignée de musiciens pour n’arriver à rien, puis il y a ceux qui sont seuls mais qui possèdent assez de talent pour sonner comme cinq. La chronique de cet « Ours Molaire », premier mini album de Piano Chat, aurait très bien pu s’arrêter là pour laisser aux curieux la joie d’aller chercher l’originalité là ou elle est. Pourtant, Marceau Boré – autrefois entendu chez Ladybird Lala Band – donne cette irrépressible envie d’y aller de louanges tant il est un phénomène rare sur la scène française, y compris au sein de cette captivante catégorie de groupes de moins en moins intimistes, qui ne sont parvenus à faire leurs armes qu’à coups de concerts mémorables.

Parce que si ces sept titres hésitant entre noise, post punk et post rock s’écoutent avec beaucoup de plaisir sur disque, l’objet est encore loin de rendre compte du processus de composition du tourangeau, originalité éclatante de Piano Chat en live. En effet, à mille lieux des hommes orchestres qui animent les rues marchandes de France et de Navarre, Marceau Boré pose sa batterie, branchent micro, guitares, claviers et séquenceurs pour ériger seul et progressivement des titres inspirés, carnassiers bien que nuancés (l’imparable enchainement de « English Roses » et « A Outrance »), effaçant illico le dernier doute qu’on pouvait porter à son oeuvre: celle typique de l’homme seul aux commandes, qui peine à conserver un oeil objectif sur un registre en proie au plus grand foutoir.

Ainsi, en superposant les boucles pour mieux les rythmer et s’égosiller dessus ensuite, Piano Chat se révèle incroyablement communicatif, parvenant instantanément à activer la mécanique cervicale du public au milieu duquel il se produit. Illustration sur le titre éponyme d’ouverture aux riffs répétitifs et au pied dansant, comme plus tard sur « Marymarymary » faisant illico oublier lui aussi qu’on a ici affaire à un one man band. Mais le secret du tourangeau ne réside pas uniquement dans l’énergie qu’il déploie, mais également dans l’émotion qu’il dégage: « We Always Are Foreigners » et le long final « My Muddy Knees » peuvent respectivement justifier le fréquent rapprochement avec Thee Silver Mt Zion et Arcade Fire. Ainsi, à coups de ronronnements aguicheurs, Piano Chat finit toujours par vous attirer dans ses griffes, pour mieux vous laisser des cicatrices béantes, sur les avant bras comme au coeur…

Album disponible ici.

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