Piano Chat – ‘Lands’

Album / Kythibong / 31.03.2014
Pop folk bricolée

Comme vous le savez, et si vous ne le savez pas c’est que vous êtes tombés là totalement par hasard, le tout premier album de Piano Chat est sorti ce lundi 31 mars. Oui le tout premier, parce que malgré le fait qu’on ait l’impression que Marceau Boré rythme une scène musicale française inventive depuis nombre d’années, ‘Ours Molaire‘ (2011)’ comme ‘Nous‘ (2012) n’étaient que deux premiers coups de griffes, en attendant que la bête prenne possession de toutes ses forces à grands coups de tournées, en France et ailleurs, partout et nulle part, en considérant toujours le concert comme une opportunité de tenter ou tester de nouvelles choses. Plus agile que jamais, ‘Lands’ a finalement tout de l’imprévisibilité du félin.

Cette façon très personnelle d’entretenir le contraste entre calme et sursauts (‘Leaving The City’, titre le plus électrique du disque), de multiplier les niveaux de lecture, de souvent relativiser les paroles par la musique – et inversement – c’est justement tout ce qu’on aime chez Piano Chat. Celui-ci décline ainsi son approche très personnelle en huit titres, et autant de panoramas de son immense talent à jongler avec les instruments, tout en ne se refusant rien, des bidouilleries 8-bit (‘Ouverture’) aux arrangements électroniques soulignant toute son imagination (‘Forest’), en passant par des squelettes de compositions folk laissant toute la place à son capital émotion (‘Julia’).

Mais là, derrière une fragilité et une mélancolie constantes qui finissent de le rendre touchant, Marceau Boré – ici aidé par les contributions de Yann Tiersen, de Mesparrow et du batteur de Pneu – assure sans cesse la solidité de son édifice par son instrumentation bien rôdée, un recours à des mélodies imparables qui lui rendent le poil doux et parachèvent de moelleuses croquettes de pop bricolée (‘Blond’, ‘Fragile Lands’). Attachant, Piano Chat parvient même à nous réconcilier avec la langue française, pourtant la nôtre, sur ‘Julia’ et ‘Nous Irons Nous Promener’, deux titres qui viennent clôturer un grand album, trop court et trop humble: c’est au moment de lui décrocher les oreilles et la queue qu’il nous file entre les doigts.

‘Blond’, ‘Fragile Lands’, ‘Julia’, ‘Nous Irons Nous Promener’

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