Paul White – « Rapping With Paul White »

white180Album
(One Handed Music)
19/08/2011
Hip hop

Petit génie des producteurs hip hop officiant outre Manche, Paul White n’est pas du genre à sortir des albums sans fond. S’il est resté particulièrement conventionnel à la sortie de son premier disque intitulé « The Strange Dreams Of Paul White », la suite de sa discographie s’est toujours entichée d’un concept particulier. Ainsi, en 2010, il bénéficiait d’un accès total au catalogue de ST Mikael – multi instrumentiste suédois considéré tel un gourou du psyché rock – pour aller y puiser la matière première de son « Paul White & The Purple Brain« .

Un an plus tard seulement, le Britannique s’offre une nouvelle couleur inédite chez lui: un troisième album appuyé par une multitude de guests-Mcs venus pour la première fois poser des voix sur ses productions. Parmi eux, Guilty Simpson, Jehst, Marv Won, Homeboy Sandman, Danny Brown, Tranquill ou Moe Pope. Et, à en croire la vingtaine de titres composant ce « Rapping With Paul White », force est de constater que – pour lui, comme tout au service des autres – le producteur ne perd rien de son immense talent, de son groove, et de la chaleur de sa musique dans laquelle on apprécie toujours autant se lover.

Pourtant, cette nouvelle salve est encore bien différente de ce qu’elle en a l’air sur papier. Mieux, elle n’en est que meilleure encore. En effet, parmi les 16 véritables morceaux qu’elle contient, 8 sont rappés, 7 sont des instrumentaux inédits, et un est un poème lu par la chanteuse folk Nancy Elizabeth. Autant dire qu’avec une telle diversité affichée – sans compter la large palettes de sonorités – on ne s’ennuie pas une seconde à l’écoute de Paul White qui, dans une trop grande indifférence selon nous, dépose mine de rien une poignée de bombes qui ne demandent qu’à briser des cervicales: dans un ordre croissant, le nébuleux « Trust » conduit par le flow de Guilty Simpson, « One Of Life’s Pleasures » (feat Danny Brown) et ses samples irrésistibles, l’électrique « Rotten Apples » (feat Tranqill) au break pop qui devrait parler aux fans de feu-Def Jux, et l’instrumental « The Doldrums » dont le chant auto-tuné imprègne sa mélodie sans faillir.

Avec tant de bombes bien planquées sous le manteau, Paul White est certainement un des derniers terroristes de Londres encore en liberté. Tout ce qu’il touche sent la poudre, fait mouche, et fait de nous de la chaire à canon. C’est donc encore tout retournés par l’écoute de cet album qu’on ose sans trop de craintes clamer que « Rapping With Paul White » est un des meilleurs opus hip hop sortis cette année. So far.

En écoute intégrale


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