Onra – « Long Distance »

onra180Album
(All City)
21/06/2010
Hip hop

Attention, déodorant sonore: « Long Distance », deuxième album d’Onra, garantit 60 minutes de rafraîchissement de tympans après que son premier essai, « Chinoiseries » sorti en 2007, soit parvenu à conquérir un public à la fois hype et underground avec son mélange de samples de pop vietnamienne et de hip-hop du meilleur goût. Il rejoint cette fois le label dublinois All City Records qui, avec des artistes comme Mike Slott ou Hudson Mohawke, fait partie de ceux qui tiennent la barre pour voguer sur ce nouveau courant hip-hop électro s’emparant essentiellement des clubs d’outre Atlantique, avec un gros risque d’épidémie européenne. Le producteur français, en dosant ses productions de rap eighties, de disco et de RnB, sort sans doute là l’un des albums de hip-hop les plus inspirés depuis DJ Cam.

Démarrage tranquille avec « My Comet », abstract hip-hop lent et épluché qui ne conserve que le plus frais, et fait immédiatement fuser les comparaisons avec des maîtres du genre comme Prefuse 73. Olivier Daysoul insuffle ensuite son timbre nu-soul à deux reprises: sur l’élégant « My Mind Is Gone » et surtout  sur le brillant éponyme « Long Distance » soulignant une collaboration qui lui vaut deux des meilleurs titres du disque. Par contre, Onra a vu gros. 21 titres, c’est peut être un peu beaucoup, à tel point qu’on préférera l’écouter en deux fois pour éviter l’indigestion. Sur « Sitting Back », le beat est toujours aussi écrasant et la mélodie toujours aussi réconfortante, comme sur « High Hopes », morceau de lover par excellence qui aurait pu être chanté par les Backstreet Boys. Sauf que Onra est passé par là pour lipposucer toute la ringardise en y ajoutant une partie instrumentale. Oh mon Dieu que c’est moelleux, c’est quoi ton adoucissant?

Jusqu’ici, Onra nous a convaincu avec sa maîtrise du poum-tchak et on arrive à des choses plus travaillées au niveau de la rythmique avec « Girl », alambiqué mais néanmoins funky. On prend définitivement notre pied dès la première écoute grâce à des perles comme le soulful et apaisant « Send Me Your Love » ou l’organique « We Out Buddy », grosse concurrence potentielle pour Dâm-Funk. Bref, inutile de tomber dans le titre par titre puisque chacun, ou presque, mérite son éloge. Toujours est il que Onra délivre quelque chose de rare et terriblement sexy, et on citera quelques derniers exemples pour terminer cet article: le virage house et techno bien négocié sur la fin avec le discoïde et énergique « Mechanical », le parfum old school vaporisé par le vivifiant « The One » sur lequel s’illustre T3 de Slum Village ou « Oper8tor », progéniture cachée de Flying Lotus avec une boule à facette… Superbe!

En écoute



Disponible sur
itunes4

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire