Obii Say & Sinitus Tempo – « The Vinyl Proxy 1965 »

prox180Album
(DMV)
09/03/2010
Hip hop soul

Puiser son inspiration dans la soul et le RnB des années 60, rien de vraiment original pour le hip hop, qui surfe beaucoup sur la mode revival depuis ces dernières années. En effet, d’Aceyalone & The Lonely Ones à Raphael Saadiq, nombreux sont ceux qui ont fait fructifier cette tendance, avec plus ou moins de succès. Alors qu’ils auraient pu être noyés dans la masse, Obii Say et Sinitus Tempo s’octroient les sommets du genre. Leur précédente collaboration, le tribute « Dilla Changed My Life » à Jay Dee, marquait déjà une orientation musicale plutôt soulful, qu’ils font évoluer aujourd’hui en ajoutant une touche rétro plus prononcée. Apportant une vraie modernité dans la construction de ses beats, Sinitus Tempo échantillonne savamment ici quelques standards et titres plus confidentiels de la musique afro-américaine. « The Prologue » feat Alice Russell ouvre parfaitement ce « The Vinyl Proxy 1965 » avec un up-tempo qui swingue méchamment, avant que « Come Around » et ses chœurs oldies nous fassent chavirer pour de bon. Alors conquis, il ne reste plus qu’à se délecter de ce qui suit, en espérant qu’aucune fausse note ne vienne gâcher ce merveilleux périple. Pour notre plus grand plaisir, le duo de Washington évite de tomber dans le piège et nous livre une copie parfaite. Le langoureux « Universal Me », « World Of The Lost », l’organique « Kill Joy », « Dmvision », le phénoménal « Game Show » feat Conscious, sont autant de pépites, prompts à faire se dresser les poils de vos bras. Chaque sample est parfaitement mis en valeur (la guitare lancinante sur « Cant Help Ya ») ou orchestré de main de maître, comme en attestent « Bandwagon-ers » ou le magistral mix voix/piano/cordes/cuivres de « Progress ». De son côté, du haut de ses dix sept ans, Obii Say prouve qu’il tient la dragée haute aux Mcs les plus aguerris, maîtrisant complètement son sujet malgré un concept qui pourrait s’avérer casse-gueule. Malgré l’absence de label, le manque de visibilité du fait que leur disque soit uniquement disponible sur internet, les deux marquent les esprits. De là haut, Jay Dee doit être fier d’avoir changé la vie de ces deux garçons, désormais promis à un avenir radieux.

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