Nas – « Life Is Good »

nas180Album
(Def Jam)
13/07/2012
Retour en force

En 1994, le visage enfantin de Nas se retrouvait associé pour toujours à « Illmatic », l’un des plus grands albums que le hip-hop ait connu. La rue, les MCs, les critiques, tous ont alors ressenti l’onde de choc engendrée par ce jeune prodige qui, par son verbe, parvenait à retranscrire les vibrations du bitume, les transcendant dans un acquiescement unanime qui dépassait alors tous les clivages. 2012: « Life Is Good », dixième album. Nas semble perplexe, songeur, plongeant son regard vers un passé révolu. A l’image de cette robe verte, symbole de son récent divorce avec la chanteuse Kelis, le présent ne semble pas lui inspirer grand-chose. Pourtant, les légendes ont toujours quelque chose à dire…

Sur « Life Is Good », l’heure est à l’introspection pour le natif de Queensbridge. Réfléchissant à son rôle de père de famille, mais aussi de rappeur, il a choisi pour l’épauler des valeurs sures de la production. Ce sont en effet Salaam Remi – collaborateur de longue date – ou encore No.ID qui contribuent à conférer à ce disque un aspect lyrique, accentué par la présence de violons et de pianos qui le parcourent de tout son long. Ainsi, de l’ouverture intitulée « No Introduction » en passant par « A Queens Story » qui va jusqu’à sampler Chopin, tout donne l’impression ici que Nas a voulu capturer le sentiment d’urgence qui habite actuellement sa vie, en exorcisant ses sentiments par la musique.

Pourtant, l’heure n’est pas ici qu’aux lamentations. La preuve avec les productions simples et primaires de « Nasty » ou « The Don », tous deux construits autour de boucles rapides, qui permettent à Nas d’exprimer toute la maestria dont il est capable via une technicité toujours aussi époustouflante qui, vingt ans après ses débuts, demeure l’une des plus impressionnantes de la scène hip hop. « Accidents Murderers », avec Rick Ross en renfort, se révèle même écœurant de maitrise, tout le contraire du « Summer On Smash » tape à l’œil ou l’horripilant Swizz Beatz apporte une touche de mauvais goût à un album qui en était jusque là dépourvu.

« 20 years in this game, lookin 17…« … Derrière cette rime se cache l’envie toujours bien vivante qu’a Nas de marquer les esprits de ses contemporains comme celui des nouvelles générations. Pour d’abord se comprendre en tant qu’individu avant de se faire entendre en tant que rappeur, le rappeur n’a cessé de décliner d’album en album de nombreuses nuances qui constituaient sa personnalité. Aujourd’hui, si l’homme est désabusé, le Mc semble prêt à dévorer tous les frêles jeunes premiers qui oseront se dresser sur sa route, histoire de rappeler à tous la place qu’il occupe sur la carte du hip hop mondial. Avec l’argument « Life Is Good » sous le bras, nul doute qu’il sera pris au sérieux.

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