My Disco – « Little Joy »

disco180Album
(Temporary Residence)
24/01/2011
Minimal post punk

Répétition et minimalisme sont deux mots qu’on croyait réservés au monde du dub ou de l’électronique, qu’on croise plus rarement au sein du cercle rock. C’est pourtant toute la sève de My Disco qui, depuis ses débuts en 2003 et le temps de deux albums, s’est imposé comme un des groupes les plus passionnants venus d’Australie, en raison de son goût immodéré pour les structures de morceaux alambiquées, et son approche live en tout point captivante.

En 2006 avec « Cancer » (titre inspiré par la maladie qui frappait le bassiste Liam Andrews à cette époque), le trio dévoilait ainsi son post punk minimaliste à qui voulait bien l’entendre, superposant alors parfois avec une once d’originalité des rythmiques rigides tout en usant à foison de guitares anguleuses. Deux ans plus tard, My Disco poussait le bouchon plus loin, louait les services de Steve Albini (quoi de plus normal quand on tire son nom d’un titre de Big Black?) pour produire un excellent « Paradise », plus extrême encore en osant même se satisfaire d’une même boucle, voire d’une seule note, sur toute la durée d’un morceau. Drôle d’idée en conclurez vous. Pourtant, croyez-le ou non, la magie opère dès que My Disco se met en transe et vous laisse la voie libre pour vous immerger dans les profondeurs de son art.

Frappé une nouvelle fois par la production brute du frontman de Shellac, mais mixé en Australie par Scott Horscroft (Silverchair, Simian Mobile Disco) pour faire naitre de cette confrontation un son totalement inédit et imprévisible, plus riche en arrangements, « Little Joy » démarre bille en tête comme son prédécesseur s’était éteint: sur une note de guitare répétée à l’infinie comme pour cacher, en vain, le groove bel et bien présent de ce « Closer » d’ouverture. Soudainement alors, la flamme se ravive, on se laisse capturer par des morceaux usant le plus souvent de deux options totalement différentes sur la forme, mais totalement identiques dans l’intention: celle de nous hypnotiser, de nous pousser dans un état second, que ce soit par la répétition poussée jusqu’à la transe (l’irrésistible « Turn »), ou par l’énigmatique, qui laisse plus volontiers s’exprimer la notion d’espace, s’amuse à étirer et creuser des compositions alourdies par la force des choses (« Sunray », « A Turreted Berg »), au point de flirter parfois avec la léthargie (« Lil’Joy », « With Age »).

My Disco ne peut alors plus cacher toute la richesse de sa science: ce pouvoir de tisser une immense toile avec seulement quelques bouts de ficelle. Constant et impossible à faire taire tant il est naturel chez lui (« Rivers »), le groove sert de fil rouge tout au long de ces obscures cinquante minutes. Au toucher et sans jamais le lâcher, il nous mène sans mal d’un bout à l’autre de ce « Little Joy », en tous points performance accessible qui pourrait bien contribuer à la réconciliation du rock et du dancefloor… mystique. 2011 commence on ne peut mieux.

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