Mondkopf – ‘Hadès’

Album / In Paradisum / 05.02.2014
Styx music

Ou s’enfonce Paul Régimbeau avec ce troisième opus? Dans quel cercle nous emmène t-il avec cet ‘Hadès’ sous le bras? Vers celui de la techno, de la noise, ou du métal? Un peu tout cela à la fois, même s’il serait bien malvenu de réduire le registre du toulousain à une somme d’influences sans fondement. Car, si Mondkopf est d’album en album le partisan d’une fine brutalité, il exerce ici un sens de la théâtralisation que l’on ne retrouvait pas encore sur ‘Rising Doom‘. Sa musique s’en retrouve gonflée de l’intérieur, comme transcendée par à-coups: ici quelques cuivres annoncent un lyrisme voilée (le triptyque ‘Hadès’), là un borborygme sinistre appelle au macabre (‘Eternal Dust’). Ailleurs, une nappe survolant la nuée des kicks saturés fait passer un frisson d’épique dans cet album structuré, ou la figure du chef d’orchestre et du metteur en scène supplante plus d’une fois celle du musicien. Construit comme une progression à tâtons, ‘Hadès’ se sert de ses matériaux très sombres, non pas comme une fin en soi mais comme un moyen d’avancer vers la lumière. Livrant ses plus beaux morceaux de techno au coeur de la bataille (‘Cause & Cure’, ‘Immolate’), l’album s’achève sur des tonalités plus claires, sur la fin de l’apaisé ‘We Watched The End’ clôturant cette remontée des tréfonds. Le temps de dix titres, Mondkopf donne ainsi à sa musique de nouveaux enjeux, questionne son potentiel narratif par le biais de ce troisième disque, le plus abouti. Derrière les volutes de fumées et les cercles infernaux apparaît alors une vision ambitieuse et singulière, à l’image de son auteur qui n’en finit pas de grandir sur la scène électronique hexagonale.

‘Eternal Dust’, ‘Cause & Cure’, ‘Immolate’, ‘We Watched The End’

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