Mermonte – « Mermonte »

Mermonte – « Mermonte »

mer180Album
(Les Disques Normal)
12/06/2012
Kraut pop

A ceux qui ne connaissent pas l’œuvre de Sufjan Stevens ou de Tortoise et qui se disent – un peu bizarrement avouons-le – qu’il est trop tard pour s’y mettre, la grande fête foraine concoctée par Mermonte pourrait facilement les réconcilier avec le genre. Voilà quelques titres que nous suivons de près et apprécions les percussions tribales de cette pop élevée au bord des routes. Depuis la sortie de ce premier album éponyme aux guitares cristallines et inventives, on s’est rendu à l’évidence: ces dix musiciens sont candides comme des hippies, doux comme de la soie, et fédérateurs comme jamais. Déjà un grand groupe.

« Monte ». Le premier titre du disque ne pouvait être plus explicite. Comme si la troupe rennaise emmenée par Ghislain Fracapane, ex-membre de Fago.Sepia que l’on devine fervent des arabesques kraut-pop, souhaitait s’incarner en auto-stoppeur américain, en personnage à la Kerouac, toujours sur la route. Et pour cause, libre dans l’esprit et dans les intentions, la pop acrobate et nomade de Mermonte est en quête des grands espaces: sous le soleil exactement. Propice à toutes les utopies, chaque composition confère à l’album une fougue printanière et orchestrale que rien ne vient démentir.

Si ces brigands de grand chemin sont l’incarnation post-moderne de la fougue juvénile, alors réjouissons-nous: nos journées de petits employés sans illusions sont terminées, il est temps de danser. Et puisqu’aucune chanson ne vient faire de l’ombre à la suivante, qu’il n’y a pas la moindre faute de goût dans cet album accompli, préférant à cela ménager de nombreuses surprises irrésistibles et renouvelées en permanence, Mermonte – on peut le dire – n’en finit plus de tracer sa route avec bonheur. A moins que ce ne soit leur route du bonheur. C’est ainsi que cette fanfare s’est ouverte au monde. Et celui-ci a tout à y gagner.

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