Mayer Hawthorne – « How Do You Do »

mh180Album
(Universal Republic)
10/10/2011
Soul

Débarquant de nulle part avec son premier album « A Strange Arrangement« , Mayer Hawthorne a rapidement fait l’unanimité, sa soul n’ayant rien à envier aux poids lourds du genre tels Aloe Blacc, Raphael Saadiq ou Nicole Willis. Multi-instrumentiste, son talent explosait alors à la face du monde, et laissait entrevoir une carrière prometteuse que la sortie de son second opus « How Do You Do » se doit désormais de confirmer.

Enchaînant depuis deux ans les collaborations variées (The Cool Kids, Sebastian…), c’est bien un retour au style vintage qui lui a apporté le succès auquel nous assistons. Loin du copié-collé cependant, le natif du Michigan semble plus sûr de son art, et réussit même à gommer certaines imperfections. Balayés les refrains trop sirupeux et l’aspect kitsh de certaines productions, place à une soul plus classieuse mais toujours pleine de charme. Des ballades chaleureuses dans la plus pure tradition sixties (« Get To Know You », « Stick Around », « The Walk » et « You’re Not Ready ») au rythm’n blues de « Hooked » ou « You Called Me », Mayer révise ses classiques, joue la carte oldies à fond, et fait honneur aux genres sans aucun artifice.

La collaboration sur certains titres avec Dennis Coffey – guitariste légendaire de Motown – apporte ce gage supplémentaire de respect des codes. S’il maîtrise désormais parfaitement cette facette musicale, il élève encore un peu plus son exigence en apportant quelques éléments nouveaux à sa recette. Une pincée de funk vient ainsi faire groover « A Long Time » et « No Strings », deux titres particulièrement représentatifs de l’évolution de son approche artistique, amenant un soupçon de « modernisme » à travers ce voyage dans le passé. Dans le même sens, l’un des moments phares de l’album reste « Can’t stop », son duo avec un Snoop Dogg bluffant, comme on ne l’a jamais entendu, jouant le jeu à 100%. Ce dernier prouve ainsi qu’il n’en finira jamais de nous étonner, et réalise un pied de nez définitif à ceux qui le cataloguent toujours (à tort) comme un rappeur monostyle. Ultime sucrerie, « Dreaming », hommage aux Beatles parfaitement orchestré, et symbole de la capacité de l’ex-pensionnaire de Stones Throw à apporter quelques variations tout en restant dans la ligne directrice choisie.

Sûrement moins truffé de tubes que « A Strange Arrangement », « How Do You Do » n’en est pas moins plus abouti. Plus mature dans son approche, Mayer Hawthorne rend tout simplement une copie quasi parfaite. Nullement grisé par sa fraîche notoriété, il passe ainsi avec mention l’épreuve délicate du deuxième album, sa patte désormais reconnaissable entre mille touchant juste à tous les coups.

Disponible sur
itunes12

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