Mathias Stubo – « 1979 »

stub180Album
(BBE)
13/06/2011
Electro à facettes

Mathias Stubø est le genre de mec qui pourrait finir un samedi soir chez Dechavanne pour y raconter sa vie antérieure. Car à moins d’y avoir vécu, comment un garçon né en 1992 peut-il être si fidèlement possédé par le pouvoir de la musique des années 70 et ses mutations? Heureusement, comme derrière tout phénomène surnaturel, la supercherie est là: à sa naissance, ses parents étaient non seulement férus de musique, mais aussi étudiants à l’Académie de Jazz de Norvège, et passaient en boucle les prouesses de Weather Report ou Chick Corea qui résonnaient déjà à travers la paroi ventrale maternelle. C’est donc par voie naturelle qu’une passion pour la musique organique l’a envahi, à une vitesse bien plus rapide que la normale. Derrière sa batterie, son violon ou l’Atari de son père, le gamin s’est retrouvé sur les ondes nationales à l’âge de 12 ans, et s’est ensuite fait remarquer chaque année, que ce soit via d’autres récompenses radiophoniques ou en étant programmé dans les meilleurs festivals du pays. Avec ou sans live band.

Qui plus est, on peut clairement faire confiance à BBE lorsqu’il s’agit de dénicher des talents gavés au disco comme au funk. Le label a donc flairé le prodige, et lui offre une place à son catalogue prestigieux avec ce premier album ingénieux. Stubø nomme donc son disque « 1979 »: une année fétiche qui se situe au début de la période dorée (1978-1982) pendant laquelle les synthés ont commencé à se démocratiser, l’électronique et l’acoustique fusionnant en toute fierté. « Diskorama! » en est d’ailleurs l’une des pierres angulaires avec son groove irrésistible qui ne perd pas le nord devant ces pulsions funk old school. Avec « Tusen Lysår Frem I Tid », on est proche du combo Jaga Jazzist, en plus éthéré, en moins compliqué et en nettement plus dancefloor. Autant de morceaux qui mettent le froid norvégien à l’épreuve, tant il est vrai qu’il n’y a pas besoin de moufles pour embrasser des petites perles comme « I Never Knew », bossa nova bancale qui voit Jimmy Edgar enfiler son déguisement en plein carnaval de Rio. La fougue juvénile opère en toute évidence, et on oublie très vite notre fierté de vieux con pour bouger le bassin sur le magnifique « What I See In You » qui a ce petit quelque chose d’authentique, ou sur « Every Now And Then » dont la passion instrumentale oscillant entre passages lancinants et broken beat rappelle les meilleurs hymnes de Jazzanova…

En écoute

« Diskorama! »

« 1979 »

Disponible sur
itunes40

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