Marvin – « Barry »

marvin180Album
(Africantape)
03/06/2013
Heavy-kraut-electro-rock-noise…

Guidé par la vision d’un rock qui finit par n’appartenir qu’à lui, Marvin est devenu grand en refusant toute forme de simplicité, en ne sous estimant jamais l’importance de perpétuellement évoluer. Ainsi, depuis 2003 qu’elle résonne, sa musique se ressent plus qu’elle ne se discute, porte à chaque nouvel album les fruits d’un savoir, d’une maîtrise, et d’une expérience accrue, comme d’influences chaque fois mieux digérées et recrachées. Rappelez-vous il y a trois ans, quand « Hangover The Top » répondait à la furie électrique et incroyablement fédératrice du premier opus en délaissant l’intensité au profit de la voix et de claviers nettement plus expressifs. Ces deux visages désormais dévoilés, le groupe enfante de « Barry », un troisième album monumental.

Ne cherchez pas. Définitivement droit dans ses bottes, Marvin ne tangue plus ni à droite ni à gauche, refuse de choisir entre guitares et claviers, les deux indéfectibles béquilles d’une batterie toujours très à l’aise dans son rôle de colonne vertébrale. Désormais tous à l’unisson, comme transcendés par l’indéniable assurance acquise par chacun, et parfaitement mis en valeur par le travail de production du méticuleux Vincent Robert (Electric Electric), les trois sont manifestement passés au stade supérieur en parvenant à marier comme jamais auparavant l’efficacité, les mélodies, l’intensité qui ont su se manifester – ensemble ou séparément – depuis leurs débuts. Les montpelliérains renouent ainsi avec la puissance et la transe de leurs premières déflagrations, recyclent avec brio les mélodies et le relief affichés lors de leur dernière sortie, pour finalement aligner neuf titres, tous indispensables et essentiels à la bonne tenue d’un disque assénant claque sur claque, sans essoufflement ni fausse note.

Parce qu’il a beau conjuguer deux grands prénoms de la soul music, afficher des ruines qu’Yves Montand avait déjà choisi pour la pochette de son 45t du « Temps des Cerises« , l’opus ne fait pas vraiment dans la douceur, et Marvin vient encore moins y conter de belles histoires. De « Tempo Fighting » à « Jey Ferson » mariant tous deux penchants heavy et cavalcades électroniques, le trio déballe ici sa large palette rythmique (« We Won’t Gel Fooled Again Anymore »), vire au krautrock protéiné quand ça lui chante (« Automan »), multiplie les riffs assassins (« The Dark Sheep »), décroche ses mélodies les plus efficaces, et affiche sa bonne humeur (« Giorgio Moroder »). Fulgurante ascension, l’album pousse ainsi jusqu’à un état second totalement libératoire qui culmine sur trois titres: le tubesque « As Noisy As Possible », « Barry » et ses multiples tiroirs, et l’irrésistible « Un Chien En Hiver » incarnant parfaitement le Marvin 2013. De quoi grimper au rideau jusqu’à ronger la tringle.

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4 réponses à Marvin – « Barry »

  1. Richard 27 mai 2013 à 20 h 43 min #

    Énorme! Marvin quoi!!

  2. nico 31 mai 2013 à 19 h 26 min #

    \Heavy-kraut-electro-rock-noise ; qu’est ce qui se passe dans vos têtes pour étiqueter un disque comme ça, vous voulez que personne ne l’écoute ?

    • OVNI 8 juin 2013 à 14 h 17 min #

      Justement moi ça attise ma curiosité :))

  3. Aymeric 30 juin 2013 à 14 h 19 min #

    Un disque monstrueux !
    Décidément, après la claque procurée par le dernier opus d’Electric Electric l’an dernier, Africantape est bien le label à suivre 😉

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