Low – ‘Ones And Sixes’

Album / Sub Pop / 11.09.2015
Low-core

Low, c’est une histoire d’amour. Avec le public d’abord, celui qui est tombé dedans un jour, et qui ne s’en remettra jamais vraiment. Au fil des albums, il y aura des moments d’intense communion et d’autres plus routiniers, mais les liens sont là. Un histoire qui s’étoffe, comme le son du groupe, neurasthénique à ses débuts et intégrant progressivement saturations, claviers, effets…, sans pour autant renier ses bases.

C’est aussi une histoire d’amour entre Alan Sparhawk et Mimi Parker, mariés depuis un bon quart de siècle, avec des moments de grâce, mais aussi des doutes et frustrations qui alimentent une bonne partie des textes de leur discographie. Il y a bien quelques infidélités libératrices (Black Eyed Snake, projet blues rock à l’ancienne conduit par un Alan Sparhawk hystérique) mais, entre eux, c’est à la vie à la mort, autres thèmes récurrents de Low.

Dans le couple, chacun chante de son coté, avec le soutien ponctuel de l’autre. Mais quand les voix se mélangent et s’équilibrent, le miracle se produit. Comme dans ‘Into You’, morceau le plus apaisé du disque, en apesanteur, logiquement suivi par ‘What Part of Me (Don’t You Know?)’, espiègle avec sa boite à rythme cheap, symbole du temps qui passe inexorablement. Les voix sont comme toujours magnifiques et porteuses.

L’amour enfin des mélodies, des guitares protéiformes et amples, d’un son audacieux et résolument moderne. ‘Gentle’, morceau d’ouverture, annonce la couleur avec un ‘pompage’ très marqué, défaut que l’on cherche d’habitude à éviter, mais qui donne ici l’impression que tout est trop fort, que la technique n’arrive plus à contenir l’émotion débordante. ‘No Comprende’, tout en tension, joue au yoyo avec l’espace, alternant passages noyés de reverb et d’autres confinés en plans serrés. Soit une symbiose réussie entre le son très vaporeux des premiers disques, et celui du troisième album ‘Secret Name’ (1999), ou Steve Albini eut l’idée de génie de donner à entendre le groupe sans artifice, pour en révéler sa beauté intrinsèque.

Captivant, émouvant, emprunt d’une violence latente mais toujours maîtrisée, ce disque nourrit l’amour toujours vivace pour ce groupe sans concessions. ‘Ones and Sixes’ s’inscrit comme indispensable dans la discographie de Low.

‘No Comprende’, ‘No End’, ‘Landslide’

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Une réponse à Low – ‘Ones And Sixes’

  1. colin 11 septembre 2015 à 17 h 39 min #

    en concert le 30 octobre au Grand Mix à Tourcoing

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