Lee Fields & The Expressions – « Faithful Man »

lee180Album
(Truth & Soul)
13/03/2012
Soul

Il n’y a bien qu’au bout d’une course longue de 43 ans qu’un artiste peut être capable à ce point de laisser opérer toute sa magie. Le constat se vérifiait déjà il y a trois ans à la sortie de « My World« , il est désormais définitivement écrit dans le marbre à l’écoute de « Faithful Man », un énième album pour lequel Lee Fields s’entoure une nouvelle fois des meilleurs musiciens du genre, déjà aux crédits des oeuvres récentes d’Aloe Blacc, Adele, El Michels Affair, Ghostface Killah ou Jay-Z. Avec un talent dont on retrouve seulement l’équivalent en remontant jusqu’aux belles années de la Motown, toute cette joyeuse troupe accouche là d’une soul on ne peut plus traditionnelle, constamment bordée d’une émotion palpable seulement permise par tant de maturité.

Une évidence, certes, quand on parle d’un sexagénaire. Mais en s’étant frotté à différents courants musicaux (il compte même une collaboration avec Martin Solveig), en comptant presque autant de labels que d’albums à son actif, Lee Fields sait peut être mieux que quiconque aujourd’hui revenir aux valeurs les plus sûres et les plus authentiques du genre qui le berce depuis sa plus tendre enfance. Ca se voit comme le nez au milieu de la figure tout au long de ce sublime « Faithful Man » sur lequel on l’entend chanter ses amours comme ses désillusions sur des compositions chaleureuses, toujours portées par une riche orchestration. Ainsi, cordes, cuivres et choeurs amènent avec eux une indéniable solennité (« Faithful Man »), parfois aussi quelques confortables ambiances cinématographiques qui poussent au silence et à l’écoute attentive (« Walk On Thru That Door »). Les mêmes justifieront peut être aussi – malgré la prestation de haut vol de Lee Fields – d’être éditées en versions instrumentales, un traitement de faveur qu’a déjà connu « My World ».

Parce qu’une fois encore, ca ne fait pas de doute: que la soul de cet enfant de Caroline du Nord soit langoureuse (« Wish You Were Here »), fraiche et dansante (« You’re The Kind Of Girl »), extirpe les tripes du bonhomme pour les abattre avec une humilité qui finit de le rendre beau (« I Still Got It », « Moonlight Mile »), il se passe quelque chose au fur et à mesure qu’on suit les sillons de ce disque de toute beauté, qui s’écoute aussi religieusement que le témoignage de toute une vie. Que voulez vous, Lee Fields est un grand bonhomme qui ne sait proposer autre chose qu’une grande musique… Dommage qu’il n’en soit pas de même avec tous les anciens.

En écoute

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