Lapalux – « Nostalchic »

lapa180Album
(Brainfeeder)
25/03/2013
Bass music profonde

Musicalement parlant, Lapalux – du fait de sa sale habitude de nous mettre l’eau à la bouche avec des EPs fabriqués avec des gants de soie – ne suscitait pas chez nous d’attente particulière. On avait juste hâte de l’entendre développer son style si singulier plus longuement sur un vrai disque de grand garçon, comme celui qui voit enfin la lumière du jour avec de quoi s’élever sérieusement au-dessus d’un grand nombre de producteurs contemporains étiquetés « bass music ».

Stuart Howard n’a que vingt-cinq ans mais semble porter dans ses gènes une expérience innée pour ce qui est d’insuffler de la vie à la musique électronique. On imagine donc bien qu’une certaine jalousie doit planer au-dessus de Los Angeles, chaudron du genre, en voyant ce gamin britannique (le seul sur le label Brainfeeder) voler la vedette avec un son à la fois dense et fragile, doublé d’un sens de la mélodie scandaleusement précoce. Aussi réputé pour ses remixes inventifs, il met ici ses capacités à l’épreuve sur un album entier en démarrant exactement comme on en avait envie, avec le bijou organique « IAMSYS ». La suite, ce sont quarante-cinq minutes durant lesquelles Lapalux déploie son éventail de textures douillettes et légèrement granuleuses, comme sur « GUUURL » et ses voix syncopées, ou la house brumeuse « Swallowing Smoke », l’un des sommets émotionnels du disque.

Mais le producteur ne s’arrête pas seulement sur ce qu’il sait faire de mieux. Il prend aussi quelques risques avec – par exemple – le formidable essai breakbeat « Flower », ou le free-jazz barré de « Kelly Brook » et ses trompettes ivres évoquant les débuts de Hudson Mohawke. En conservant une cohérence indiscutable, il varie allègrement les plaisirs en ajoutant de la consistance à ses morceaux avec des invités vocaux qu’il ne laisse jamais s’exprimer à l’état brut, préférant fondre le chant dans ses instrumentations mielleuses se rapprochant parfois de la R’n B (« One Thing » avec Jenna Andrews), du trip-hop (« Without You » avec Kerry Leatham) ou d’une soul étincelante et alambiquée (l’outro »O E A » avec Kerry Leatham). Lapalux a non seulement d’excellentes idées, mais possède aussi l’art et la manière de lâcher la dernière goutte qui ne fait jamais déborder le vase…

itunes25

En écoute intégrale

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire