King Gizzard & The Lizard Wizard – ‘Paper Mâché Dream Balloon’

Album / Heavenly / 13.11.2015
Pop psychédélique et joyeuse

Pas facile. Pas facile de se remettre derrière un clavier, d’écouter de la musique et d’écrire à ce propos. Pas facile d’ignorer les angoisses et la peur qui sans cesse tirent leurs signaux d’alarme, nous assomment et nous tordent le ventre en un nœud d’inextricables douleurs, nous laissant amorphes, incapables de quoi que ce soit, vidés de toute énergie et surtout de toute envie créatrice.

Voilà pourquoi ce nouvel album de l’hyperactif collectif King Gizzard & The Lizard Wizard (le septième en trois ans, le second pour la seule année 2015) tombe à pic. Sorti en ce funeste vendredi 13 novembre 2015, ‘Paper Mâché Dream Balloon’ est tout ce dont on avait besoin pour se relancer et avancer : un condensé d’énergie positive, de bonne humeur et de vitalité. Là où son prédécesseur, le conceptuel ‘Quarters‘, peinait à emporter l’adhésion totale en raison de contraintes formelles nuisant quelque peu à l’ensemble, ‘Paper Maché Dream Balloon’ réussit à nous convaincre en une écoute. Car les Australiens y sont de nouveau libres, et cela s’entend.

Ici les morceaux n’excèdent quasiment jamais les trois minutes, l’inventivité perce sous chaque note, et le psychédélisme du groupe n’a jamais été aussi pop. C’est parfois jazzy (‘Sense’), parfois espiègle comme une chanson enfantine (‘Paper Mâché Dream Balloon’), parfois bluesy (‘The Bitter Boogie’), parfois complètement dingue et tordu (‘Trapdoor’). Mais c’est toujours follement enthousiasmant. Fidèles à cette esthétique garage et DIY qui leur sied si bien, les Australiens mettent toutefois de côté les sonorités à la Thee Oh Sees de ‘I’m In Your Mind Fuzz’ pour laisser flûte et harmonica batifoler gaiement au gré de chansons enjouées. Oui, de la flûte. Sur presque tous les morceaux. Si cet instrument a le don de vous hérisser les poils, vous pourrez toujours passer votre chemin. Mais on vous aura prévenu : vous passerez aussi à côté d’un joli moment de réconfort. Et on n’a jamais eu autant besoin de câlins sonores qu’à l’heure actuelle.

‘Sense’, ‘Trapdoor’, ‘Cold Cadaver’

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