Kendrick Lamar – ‘To Pimp a Butterfly’

Album / Top Dawg – Aftermath / 16.03.2015
Hip hop

Qui aurait pu anticiper l’ambition et la démesure actuellement sans pareille de Kendrick Lamar? Avec ‘To Pimp A Butterfly’, son troisième album, le rappeur livre un album engagé, complexe et constamment tourné vers les 70’s, le jazz et Parliament entre autres. Porté aux nues de manière quasi unanime suite à son précédent opus ‘Good Kid, M.A.A.D City‘,  le jeune homme originaire de Compton dévoile ici une oeuvre à la profondeur assez stupéfiante. Soucieux de s’inscrire dans une tradition noble de la black music, Kendrick s’est entouré de musiciens de studio, accompagné par l’ombre talentueuse de Flying Lotus dont l’influence est énorme sur la couleur générale du disque. C’est lui qui glisse, dans les structures sans laisse des morceaux et les interludes bardés de cuivres, quelques représentants de son label (Thundercat, Kamasi Washington), et qui produit le premier morceau sur lequel le Mc ouvre les hostilités en compagnie de George Clinton, leader illuminé de Funkadelic et Parliament.

Sur ‘Good Kid, M.A.A.D City’, Kendrick Lamar se prêtait à un exercice de storytelling centré sur sa vie à Compton, bardé de flashbacks familiaux et de souvenirs adolescents. Sur ‘To Pimp A Butterfly’, il raconte le chemin parcouru depuis, revient sur les tentations et les manipulations auxquelles il est soumis en tant qu’artiste noir au sein de l’industrie musicale (‘Wesleys’s Theory’), son poids toujours plus conséquent dans le game (‘King Kunta’ en référence à Kunta Kinte, esclave rebelle du 18eme siècle). Entre racisme sur ‘The Blacker, The Berry’ et son retour à Compton après la réussite (‘Momma’), Kendrick reprend donc son histoire là ou ‘Good Kid, M.A.A.D City’ s’était terminée. S’interrogeant sur sa place et son rôle au sein de sa communauté, entre récit personnel et réflexion engagée, le jeune Mc livre un album ouvert sur le monde, en contraste avec le storytelling plus personnel à l’œuvre sur le précédent opus. Ainsi, avec cet album, Kendrick Lamar se donne les moyens de devenir une figure ou ses failles et ses revendications vivent et s’épanouissent près de nouvelles influences musicales, chargées de sublimer un propos complexe, parfois contradictoire, mais qui a le mérite de l’ériger comme une des voix les plus talentueuses du hip-hop contemporain.

‘Wesley’s Theory’, ‘King Kunta’, ‘These Walls’, ‘The Blacker The Berry’, ‘Mortal Man’

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