Jono McCleery – « There Is »

jono180Album
(Counter)
05/09/2011
Folk

Ne cherchez plus le plus bel album de cette rentrée, il est signé Jono McCleery dont on était resté sur un premier coup de maître il y a un an:  le superbe « Tomorrow » qui aura tout ce temps fait figure de bande-annonce. Et on a eu beau être patient, cette longue attente nous aura quand même valu quelques kilos de rognures d’ongle. D’ailleurs, avec sa longue intro aussi discrète qu’intense, sa mélodie réconfortante, et cette voix bouleversante, il reste encore le pivot incontestable de ce second album solo touchant sa proie en plein coeur. Car ce disque est magique. La voix de Jono s’y pose comme une caresse effleurant la colonne vertébrale, rendant sa victime – nécéssairement dotée de tripes – aussi fragile qu’une brindille, sans autre choix que de s’avouer vaincue devant cette édifiante simplicité qu’il était temps d’exploiter au maximum en solo après que le Britannique se soit forgé une expérience axiomatique à coups de tournées avec Fink, Bonobo, Jose Gonzales, Jamie Woon ou Gill Scott-Heron.

Alors sur l’entame assurée qu’est « Fears », et avec la délicatesse d’un chirurgien, Jono McCleery module sa voix à la manière de feu John Martyn, jusqu’à libérer de leur cage les frissons les plus enfouis en vous, les mêmes qui se disséminent devant cette mélancolie palpable couchée sur une rythmique jazzy s’autorisant des sorties de route electronica. Plus tard, « It’s All » prend des élans percussifs façon Cinematic Orchestra alors que le fabuleux « Stand Proud » qui le suit s’élève calmement dans les nuages. Là, on se dit qu’un homme qui a reçu le soutien des fans pour financer un premier album autoproduit (« Darkest Light » en 2008) mérite amplement une sortie digne de ce nom sur Counter cette année.

D’autant qu’il le rend bien en accouchant d’autres perles, comme ce « Tie Me In » où son chant protecteur engage le dialogue avec des cordes poignantes. Vingt-cinq ans plus tard, il livre aussi sa version obscure de « Wonderful Life », tube des années 80 dont Black – l’auteur original – entendra certainement là la plus belle reprise. Les arrangement précis et travaillés de Matt Kelly finissent de rendre l’ensemble aussi logique que les mathématiques, à l’image du sensible « Home » où le chant et les instruments deviennent les meilleurs des colocataires. Enfin, ce sont une auréole et des ailes blanches qui poussent sur le dos de McCleery lorsqu’il gémit sur « The Gymnopedist », avant de les faire battre sur les airs classiques du discret « She Moves ». C’est bon, vous pouvez partir en paix.

Disponible sur
itunes26

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