Joakim – « Milky Ways »

joa180Album
(Versatile)
07/09/2009

S’il peinait à convaincre, « Monster And Silly Song », le précédent album de Joakim sorti en 2007, aura au moins eu le mérite de servir de base de perfection à ce « Milky Ways ». Car autant le dire sans retenue: le producteur atteint ici un niveau qu’il ne faisait que toucher du doigt jusqu’alors. Finis les disques inégaux ou les coups d’éclats se voyaient systématiquement ternis par quelques faux pas. Désormais, Joakim joue parfaitement la carte de la cohérence, mais surtout d’une personnalité musicale sans faille qui éclabousse un nouvel opus s’écoutant tout de go, ou chacun des titres se révèle réellement indispensable. En cela, il s’affiche en continuité logique de son prédécesseur, souligne une nouvelle fois par la contribution de musiciens qui l’aident à se démarquer de la masse autant qu’ils le taillent pour le live. Et, à l’instar du récent Krikor, Joakim ose prendre des risques, notamment celui de la diversité sans jamais dévier de son but: capter l’auditeur du début à la fin, sans discontinuer. « Milky Ways », qui accueille pour la première fois la voix de manière récurrente, bouffe donc à de nombreux râteliers avec un savoir-faire bluffant. Ainsi, l’album débute par huit minutes d’un rock d’une violente beauté rappelant parfois Sand (« Back To Wilderness »), pour s’ouvrir ensuite à la lumière d’influences disco (« Ad Me »), à des mélodies qui s’impriment instantanément dans les conduits auditifs (l’excellent krautrock et cinématographique « Fly Like An Apple », « Spiders » rappelant incontestablement la patte post disco de LCD Soundsystem), et même au calme mélancolique pour mieux servir le contraste (« King Kong Is Dead », « Little Girl »). Au mieux de son inspiration, le Parisien parvient même à mélanger le tout et accouche de l’incontournable « Love & Romance & Special Person », véritable pierre angulaire de ce disque. Mais si la recette parait si simple sur papier, elle l’est moins à l’écoute, à tel point que « Milky Ways » désoriente dans un premier temps, puis nécessite une écoute complète et approfondie pour qu’il révèle ses secrets cachés (l’explosion finale de « Glossy Papers » par exemple). Ce n’est donc qu’une fois l’effort produit que vous prendrez définitivement conscience du talent de Joakim et du travail accompli pour faire de ce « Milky Ways », bien que légèrement essoufflé sur la fin, une des oeuvres musicales à ne pas manquer cette année.

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