Jamaica – « No Problem »

jamai180Album
(Cooperative Music)
23/08/2010
Electro rock FM

Antoine Hilaire et Florent Lyonnet, moelle épinière de Jamaica, auront tout tenté pour brouiller les pistes. Du choix de son nom jusqu’au titre du disque (« Jamaica, No Problem » est un album sorti par Macka B en 1992), le duo aura joué jusqu’au bout cette carte de la confusion. Il va falloir désormais l’intégrer définitivement: ces Parisiens n’ont rien à foutre du reggae, préfèrent amplement le rock FM américain et la pop, plus volontiers celle de Versailles que de la grisaille britannique d’ailleurs. Et pour cause, en revendiquant une influence Phoenix de toute façon difficile à dissimuler, en faisant appel à Xavier de Rosnay (Justice) et Peter Franco (ingé son des Daft Punk), ils tracent un triangle d’or dans lequel ils évoluent à leur aise.

Mélodies pétillantes et communicatives, penchant dancefloor à la fois mesurée et irrésistible, riffs hard FM plongés dans le bain electro de l’Ouest Parisien, clins d’oeil eighties assumés sont autant d’éléments exploités généreusement par ces deux anciens Poney Poney, projet prometteur jusqu’au départ du troisième larron. Certains titres (« Cross The Fader », « By The Numbers ») ont d’ailleurs survécu à la migration et soulignent au passage à quel point, à seulement quatre mains, Jamaica possède infiniment plus de coffre: une évidence sur le final « When Do You Wanna Stop Working? ». Mais le duo n’aura pas besoin d’autant de temps pour convaincre: en un peu plus d’une demi-heure, il livre une insolente démonstration tubesque en alignant une grosse dizaine de titres totalement addictifs qui s’immiscent instantanément dans les têtes, se glissent sous la peau, et donnent le sourire aux varices.

La recette est connue: Phoenix l’a jouée ainsi de manière plus timorée, Justice ne s’y adonnait que dans ses passages les plus calmes (« Gentleman » et ses violons). Dans sa juste mesure – celle de « No Problem » – elle fonctionne, plus que jamais sur les hits dont Jamaica semble même ne pas mesurer l’impact. Remontés comme des pendules (« I Think I Like U2 », « Short & Entertaining ») ou quand ils lèvent le pied (« Jericho », « She’s Gonna »), les deux Parisiens affichent une vivifiante diversité, une facilité déconcertante à fédérer les foules, deux atouts qu’ils ne manqueront pas d’user pour devenir cette next big thing internationale que certains pressentent depuis maintenant quelques mois. Pour cela, « No Problem », déjà très familier, devra s’inscrire dans le temps.

En écoute


Disponible sur
itunes13

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