Iron & Wine – « Kiss Each Other Clean »

iron180Album
(4AD)
24/01/2011
Folk

Bon. Que dire si ce n’est que  »Kiss Each Other Clean », le dernier disque de Iron & Wine, nous troue un tantinet le rectum. En fait, jusque là, on aimait bien Sam Beam, le prolifique Texan d’adoption ayant quand même sorti certaines des plus belles folk-songs de ces dix dernières années. L’annonce de la sortie de ce nouveau disque provoqua même quelques soubresauts médiatiques. Malgré tout, Mowno cède rarement à la hype. Nous savions que, depuis  »The Sheperd’s Dog », Iron & Wine quittait le cocon du folk pur pour s’essayer à de nouvelles couleurs. On aurait donc dû s’attendre à ce carnaval heureux avant même de le glisser dans la platine. L’artwork, réussi mais naïf, nous dévoile l’esquisse de Beam, les jambes dans l’eau d’une rive kaléidoscopique où les chimères de poisson-paons viennent s’abreuver. Nul doutait que le créationnisme avait fait quelques ravages. De là à voir Sam Beam s’identifier à Noé, il y a un pas que nous n’osions pas franchir.

Allumé le Beam ? Illuminé, sans doute.  De ses pérégrinations avec Lazare à ses prophéties cycliques, Iron & Wine ne nous épargne pas ses délires christiques que nous mettrons sur le compte de sa vie texane et de la culture américaine, pays réputé pour être l’élu du Tout-Puissant. Musicalement,  »Kiss Each Other Clean » reste surprenant. Plus proche du courant anti-folk – connu en France avec Herman Düne, Coming Soon voire l’immense Jeffrey Lewis – le groupe offre au moins cinq sublimes morceaux: l’enlevé « Me and Lazarus », les exotiques « Monkeys Uptown » et « Rabbit Will Run », « Big Burned Hand » et l’épilogue « Your Fake Name Is Good Enough For Me », tous ayant pour point commun de signer le nouveau chemin pris, électrique et pop.

Moins ascétique, cette nouvelle peau de Sam Beam est plus en chair, plus ronde et plus légère. Fini l’américana, Iron & Wine invite vibraphone, saxophone, s’essaye au funk, à l’éthio-jazz, comme si ce dernier avait subitement essayé les chaleureux studios d’Island Records avant d’étudier Getatchew Mekurya. Toutes ces pépites alternant avec cinq autres morceaux plus traditionnels et folk, qui raviront les spécialistes du genre, en laissant de côté les plus hermétiques. « Kiss Each Other Clean » est donc l’archétype même de l’album à digérer, confu lors des premières écoutes. Il dévoile au fur et à mesure ses plus belles surprises. Finalement, Iron & Wine nous impose de ranger notre mauvaise langue dans la poche car si le vin aurait pu tourner aigre, il prend finalement de l’épaisseur avec le temps. Voici un album qui devrait faire date.

En écoute

Disponible sur
itunes21

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