Hidden Fortress – « All That Is »

hidd1801Album
(Hand Solo)
11/2010
Dark hip hop

Durant les années 90, l’émulsion autour du Golden Age est peu à peu retombée au profit d’une frange hip hop beaucoup plus sombre, qui allait incarner la face alternative du genre pendant de longues années. Poussés par l’affirmation croissante de la musique électronique, beaucoup d’artistes s’y sont engouffrés, jusqu’à provoquer cet inévitable essoufflement appelant à une pause aussi naturelle que salvatrice pour tout le monde. Avec « All That Is », Hidden Fortress choisit donc le moment parfait pour rappeler à quel point cette approche malsaine et oppressante, même endormie depuis quelques temps, peut vite reprendre du poil de la bête et faire parler son efficacité.

Mis sur pied en 1997 après avoir été élevé au grain de Public Enemy et Rakim, le duo composé de UsdNeedls et nofutureface, partagé entre Vancouver et le Japon, érige donc un nouvel album aussi captivant que rassurant, qui ne manquera pas de chatouiller l’oreille des résignés qui ne juraient que par Anticon et Def Jux quand ces deux labels se tiraient la bourre au moment de se constituer leur catalogue respectif. A grands coups de cuts incisifs, de productions lourdes en ambiance cinématographique, de lyrics engagés et provocants, Hidden Fortress boulonne son créneau, et offre une digne suite à « White Violence », premier opus tardivement sorti l’an passé qui, déjà, prenait soin de dénoncer les mensonges, la corruption, et les inégalités sociales régnant sur Vancouver.

Avec autant de hargne et d’intensité, « All That Is » va encore plus loin, prône le chamanisme et le bouddhisme, s’offre les contributions de Red Ants (aka Modulok) ou de Kaigen (Curse Ov Dialect), deux artistes plutôt habitués à évoluer au sein d’un hip hop plongé dans l’obscurité. En résulte logiquement quelques retours rapides aux grandes heures de Phoenix Orion et de tous ces Mcs qui tapissaient avec soin la face underground du hip hop il y a dix ans. Les souvenirs sont trop lointains? Mettez le casque, montez le volume, et laissez « Good Hurt », « Apotheosis (feat Modulok) », « Rich Folks (feat The Dirty Sample) » cracher ce revival bienvenu bien qu’on ne l’attendait pas. Un défaut majeur pourtant: du haut de ses vingt huit minutes, « All That Is » est beaucoup trop court.

En écoute
Apotheosis feat Modulok

Disponible sur
itunes2

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