Health – ‘Death Magic’

Album / Caroline – Fiction / 07.08.2015
Coming out electro-pop-noise

En touchant récemment quelques mots à Health en vue d’une interview publiée prochainement, nous n’avons pas manqué de souligner la nette évolution musicale qui saute immédiatement aux oreilles lorsqu’on se plonge dans l’écoute de ‘Death Magic’. Un argument rapidement démonté par les principaux intéressés, qui n’ont pas manqué de nous remettre le nez dans quelques titres passés qui, avec le recul en effet, annonçaient déjà ce à quoi il fallait s’attendre (‘USA Boys’ notamment, extrait de la compilation de remixes ‘Disco 2’). Mais c’est surtout l’expérience ‘Max Payne 3’ dont les californiens ont signé la bande son (‘Courtship II’ par exemple), qui marque de son sceau un troisième album déconcertant d’accessibilité, avant de peu à peu devenir des plus addictifs.

Il faut donc se faire une raison: Health n’est plus ce jeune groupe évoluant dans la sphère arty de The Smell (club bien connu des musiciens de Los Angeles), sortant avec les moyens du bord des albums partagés entre noise et expérimentations. Cinq ans sont passés depuis ‘Get Color’, c’est à dire une éternité pendant laquelle le quatuor a clairement décidé de passer un cap, de s’en aller titiller la pop, et de s’offrir enfin un disque dont le potentiel n’a d’égal que ses talents cumulés. Pour se faire, il s’est entouré de producteurs aussi prestigieux qu’il est surprenant de les croiser là. En effet, au-delà de l’artiste electro The Haxan Cloak qui signe l’introductif ‘Victim’, ce sont surtout Andrew Dawson (Kanye West, Pet Shop Boys…) et Lars Stalfors (Mars Volta…) qui ont mis la main à la patte pour offrir à ‘Death Magic’ ce son énorme qui ne manque pas de prendre toute sa mesure si on veut bien s’y abandonner au casque, à plein volume.

Parce que c’est comme ça que Health doit maintenant s’écouter. Si quelques titres viennent encore cisailler les tympans avec une précision chirurgicale, le groupe a délaissé les structures un poil bordéliques et les guitares stridentes au profit de rythmiques imparables (le tribal ‘Men Today’), de sonorités majoritairement synthétiques et électroniques (‘Flesh World’, ‘L.A. Looks’), d’un format chanson plus conventionnel, parfois extrême (‘Life’). Du coup, le chant toujours si singulier de Jake Duszik se fait plus que jamais plaisir, les mélodies fusent, comme pour rétablir un certain équilibre au sein d’une ambiance générale sombre, intense et profonde, pour la première fois jonchée de tubes aux refrains indélébiles (‘Flesh World’, ‘Dark Enough’). Doux en surface, piquant à l’intérieur, ‘Death Magic’ captive donc par une force et une dualité indissociables (‘Stonefist’, ‘New Coke’) qui, même si elles s’essoufflent en fin de course, ne compromettront jamais l’évidence: Health n’est plus une performance servie à un public élitiste, mais bien un groupe qu’on prend désormais plaisir à écouter longtemps en boucle.

‘Stonefist’, ‘Flesh World’, ‘Dark Enough’, ‘New Coke’

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