Grayskul & Maker – « Graymaker »

gray180Album
(Taxidermy)
10/2009
Hip hop

Le crew Oldominion comme le label Galapagos 4 sont deux entités devenues incontournables au sein du hip hop US. Pourtant, depuis bientôt plus de dix ans qu’ils s’activent, ni l’un ni l’autre n’est encore parvenu à s’imposer aux yeux de tous. Conscient qu’on est plus fort à plusieurs, Graymaker – alliance prometteuse des talents lyriques de Grayskul et des facilités de beatmaking de Maker – est une nouvelle tentative dans cette quête de médiatisation. Et plus que jamais à l’écoute de ces onze titres flambant neufs, cette petite troupe bien inspirée touche du doigt une reconnaissance bien méritée de la part du giron hip hop. À condition que, comme nous, il soit sensible à la qualité débordante de ce disque. Car, dans une cohérence qui n’a d’égal que l’expérience cumulée de chacun des membres du groupe, Graymaker multiplie les clins d’oeil et les références, atteint ainsi une richesse musicale et un degré d’efficacité qui pousse cet album parmi les tous meilleurs de cette année 2009. En effet, durant trois bons quarts d’heure, tout s’arrête, jazz, funk et rock prennent possession des lieux, et seuls les « sploc » des filets de bave successifs claquant le parquet sont témoins du temps qui passe. « Mars Voltage », en passant le plus naturellement possible de la chaleur des trompettes à une tension typiquement East Coast, nous embarque illico dans un album rendu imprévisible par sa palette musicale, et énergique par la complémentarité des flows de JFK et Onry Ozzborn. Du coup, une poignée de titres mémorables viennent incontestablement inscrire Graymaker parmi ces collaborations d’un jour appelées à réitérer. Parmi eux, « Bread & The Wine » emprunte le groove du Wu Tang entre deux parenthèses soul/pop, « In The Know » et « Let’s Go Head & Go Do That » nous balancent à coups d’accords funky et de cordes dansantes avec le même entrain que les flûtes de « We Android », et « Duece Duece » réveille les morts à grands coups de basses indélébiles, de choeurs ténébreux, et de beat uptempo. Mais cette moitié du tracklisting n’étant pas encore suffisante pour justifier un détour obligatoire, une pincée de featurings à la présence pourtant peu cruciale viennent encore élever la barre et ajouter leurs contributions parmi les moments forts de ce disque: Qwazaar et Dirty Digital se frayent un chemin entre les cordes orientales de « Machine », tandis que l’atypique Awol One glisse sur l’instru mélancolique et soul d’un « Revenge Of The Alleybastards » mémorable. Graymaker, en puisant dans des références classiques, ne révolutionne rien, préférant laisser parler un savoir faire qui suffit à faire la différence. Comme souvent quand il est question de ces quelques noyaux d’artistes. Mais cela, peu le savaient jusqu’à aujourd’hui.

En écoute:
Graymaker – « Crazy Talk »

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