Golden Rules – ‘Golden Ticket’

Album / Lex Records / 07.08.2015
Hip hop estival

Défenseur depuis ses premiers cris d’un hip hop à la fois qualitatif et aventureux, Lex Records s’est aussi récemment fait l’abri de collaborations inédites, souvent à l’initiative du producteur Dangermouse et de MF Doom, qui n’ont pas égratigné sa réputation. Aux travaux de ces derniers accompagnés de Jemini, Sparklehorse, Jneiro Jarel, Daniele Luppi, ou Bishop Neru, comme aux rencontres de Alan Moore et Mitch Jenkins, de Boom Bip et Charlie White, de Ghostface Killah et BadBadNotGood, succède désormais celle de Paul White et de Eric Biddines sous l’entité Golden Rules, auteur d’un ‘Golden Ticket’ qui nous accompagnera certainement une grande partie de l’été.

Et pour cause, puisque tout ce que touche Paul White se retrouve souvent transformé en or. Sa discographie, d’une excellence quasi-constante, parle d’ailleurs en sa faveur, tout comme la passion que l’anglais a suscitée depuis quelques années chez des confrères haut-gradés, parmi lesquels Madlib et Diplo. Rien que ça. Après quelques albums sortis sous propre nom, et après avoir loué ses talents de producteur pour le compte de Danny Brown, Charlie XCX ou Homeboy Sandman, il signe là son premier opus collaboratif en compagnie du méconnu Mc de Palm Beach, dont les adeptes de hip hop les plus férus auront sans doute déjà entendu parler, notamment pour ‘Planetcoffeebean 2’.

Parfaitement soutenu par Paul White, Eric Biddines pourrait bien trouver en Golden Rules l’occasion de s’ouvrir en grand les portes d’une reconnaissance mondiale. D’abord pour la qualité de son flow, mais aussi par la chaleur et l’originalité qui se dégagent du travail du londonien (‘Talking’Bout’, ‘Life’s Power’). Entre les deux, et à l’écoute de ‘Golden Ticket’, l’osmose est évidente: les influences dub, soul, rock psyché et disco qui jonchent les productions de White siéent à merveille au débit laid back du Mc floridien, souvent partagé entre rap et chant sans jamais craindre de pousser le bouchon toujours plus loin (‘Play Some Luther’).

Dès lors, le duo – seul, à l’exception de l’apparition de Yasiin Bey (Mos Def) sur l’excellent et cuivré ‘Never Die’ – jongle avec les formules pour faire des étincelles, soulignant ainsi la grande diversité d’un album qualifié par certains comme la rencontre d’Outkast et du RnB, le stéréotypé ‘Fogged Window’ et ‘Holy Macaroni’ à l’appui. Reste qu’ils n’ont pas tort tant le groove et l’humeur légère font les deux rails de ce disque fonçant droit dans les annales. Et cela, peu importe qu’il adopte des sonorités boisées (‘Auntie Pearl’s House’), une ambiance langoureuse héritée du dub (‘The Let Down’, ‘Making a Move’), qu’il donne envie de se trémousser dans une house moite (‘It’s Over’), ou qu’il reprenne à son compte la bonne vieille recette funky du golden age activant illico, comme par magie, nos cervicales un peu rouillées (‘Don’t Be’, ‘Down South Boogie’).

C’est ainsi que Golden Rules nous tient en haleine tout au long d’un premier album qui ne souffre d’aucun faux pas: un constat resté intact tout au long de ces treize titres, et renforcé par le morceau éponyme qui, aidé de ses choeurs célestes, offre une conclusion de toute beauté à une collaboration qui – on le souhaite – ne soit pas qu’un one shot. Avec un nom et un titre d’album qui ne se contestent définitivement pas, on devrait pouvoir se dandiner tranquillement en attendant la suite.

‘The Let Down’, ‘Don’t Be’, ‘Never Die’, ‘Golden Ticket’

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