GIT – « Imagination »

git180Album
(BBE)
14/11/2011
Hip hop & more

En ces temps ou la production hip hop prend des allures industrielles en déroulant ses kilomètres d’oeuvres aseptisées, tomber sur GIT relève du miracle. Quasi inconnu au bataillon, ce féroce activiste de Staten Island – en activité depuis le début des années 90 – livre via BBE une grosse quinzaine de titres qui va réchauffer les coeurs des nostalgiques du temps ou le genre se portait chaudement, quand efficacité, mélodies, groove et samples étincelants s’entrelaçaient chaleureusement. Les deux pieds bien ancrés dans le hip hop traditionnel, « Imagination » montre cependant assez de force pour avancer en territoires novateurs, répondant ainsi aux velléités expérimentales de son auteur dont on notera l’affection débordante pour les percussions.

Bien posé sur cette base dont il dérogera rarement tout au long de ce disque, GIT aligne ici les réjouissances: l’entame éponyme qui, comme « Dreamz » un peu plus tard, se voit offrir une ambiance trip hop par une voix suave et quelques chaudes notes de guitare, ou le jazzy « Thinkin » dont les percussions rebondissent avec souplesse sur les notes d’un piano en boucle. Déjà alors, un large panel s’ouvre devant l’auditeur heureux de faire face à tant de richesses et d’imprévisibilité. Ainsi peut être, il appréciera autant un « Destroy (feat Distrakt) » comme inspiré par l’univers de MF Doom, que la samba traditionnelle de « Remote Control », ou plus électronique et cosy de « Higher ». Une approche qu’on retrouve d’ailleurs sur le dansant « Loose It » qui s’éloigne particulièrement des basiques hip hop pour s’en aller flirter avec le registre d’un Mr Scruff, et laisser à « Up Rock » le soin d’adresser un franc clin d’oeil à l’école old school à l’influence funk omniprésente.

Mais, pour incarner tous les pouvoirs d’un GIT débordant décidemment d’inspiration, pas mieux que les quatre meilleurs titres de ce « Imagination », tous très différents les uns des autres mais qui, chacun dans leur genre, font instantanément mouche dès la première écoute. En effet, bien malin sera celui qui se dira insensible au beat imparable comme aux contours électroniques de « Did You Hear Something », au sifflement bienheureux de « If You Just Make Me Love To Me », au hip hop expérimental de « Spaced Out (feat Future Robot Monster) », ou aux incantations rétro pop du final « Nothing Can Stop Me Now ». Du coup, aussi discrets qu’ils soient, Git et son « Imagination » plein d’espoir pourraient bien contrecarrer la morosité ambiante de ces temps de rigueur. Comme un surprenant rayon de soleil d’été surgissant en pleine tempête automnale…

En écoute

« If You Just Make Love To Me »

Disponible sur
itunes17

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