Gatechien – « 4 »

gate180Album
(Pyromane)
25/01/2010
Rock noise

Jouer, composer, tourner, et saisir la balle au bond si jamais elle veut bien rebondir: la vie chez les Gâtechien n’est peut-être pas plus compliquée que ça. En effet, depuis 2002 qu’il existe, le duo aura suivi son petit bout de chemin sans véritable pression, entre centaines de concerts en France ou à l’étranger, et quelques longs maxis toujours tombés entre quelques paires d’oreilles averties. À force de déflagrations, le bassiste Laurent Paradot (ex Headcases) et l’intenable batteur Florian Belaud ont fini par faire de Gatechien un incontournable du paysage indie français, jusqu’à finalement provoquer un destin bien mérité: un vrai label, pour un vrai disque. C’est donc sur Pyromane Records, nouvelle structure de Clermont-Ferrand, que sort « 4 », première référence gâtechienne dépassant les dix titres.

Enregistrée à Angoulême par l’Américain Ted Niceley (Fugazi, Noir Désir, Jawbox), puis mixée à New York par Eli Janney (bassiste de Girls Against Boys), cette nouvelle salve enfonce le clou sans déroger à la règle: Gâtechien jouent à deux, mais sonnent comme trois. À l’image de l’ouverture « Faux Départ », tension, mélancolie, bruit et groove électrique se dégagent systématiquement de chacune des compositions, même si toutes confirment le léger virage opéré sur « Trois » il y a presque quatre ans de cela. Peut-être plus mature désormais mais en prenant soin de faire reluire les influences qui le suivent depuis ses premiers émois (de Led Zeppelin à la noise française des années 90 en passant par Shellac, Fugazi, Jesus Lizard, et Nirvana), Gâtechien ralentit plus volontiers le rythme, chante plus qu’il ne crie, le tout au profit de morceaux plus aérés et d’ambiances plus variées. C’est d’ailleurs en optant pour cette approche aujourd’hui mieux assumée que le duo, véritablement sexuel sur « Bonjour Mademoiselle » et élastique sur « Rendez Vous », prend le plus malicieusement nos attentes à contre-pied.

Ce qui n’empêche pas la sciure de baguettes et les cordes de basse maltraitées sur quelques passages furieusement efficaces, même si plus réfléchis qu’autrefois (« Cinq à Sept », « Ménage à Trois », « Déjà Vu »). Car c’est une évidence, ces deux-là, en grandissant ensemble sur leur musique, se connaissent maintenant par coeur, et illustrent magnifiquement cette connivence tout au long de cette généreuse demi-heure ou tout coule de source, ou tout vous est offert avec un plaisir presque démesuré. À l’image d’une poignée de titres remplissant magnifiquement leur rôle de murs porteurs (« Tour de Force », « Brise-Glace »), Gâtechien, mal dégrossi et débordant d’enthousiasme à la première écoute, livre en bloc pour laisser ensuite toute sa finesse remonter à la surface. Là seulement, une fois que vous la verrez flotter, vous prendrez conscience du savoir faire de ces deux mecs plus que jamais capables de faire bouillir leurs mélodies dans leur grande marmite rythmique. Depuis tout petit pourtant vous saviez qu’il ne fallait pas faire dépasser la queue de la casserole…

En écoute
Gâtechien – « Faux Départ« 

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