Four Tet – « There Is Love In You »

four180Album
(Domino)
25/01/2010
House délicate

Bonne nouvelle! Après qu’il se soit perdu dans les expérimentations rythmiques de « Everything Ecstatic » et de son horripilant maxi « Ringer« , on a retrouvé le Four Tet qui faisait rêver au début des années 2000 en draguant les publics trip hop, downtempo, folk et post rock. Non pas que Kieran Hebden fasse aujourd’hui dans la redite en reprenant sa conjugaison du mélange acoustique/electronique, et brosse les nostalgiques dans le sens du poil dans le but de se réconcilier avec eux. Ce serait trop mal connaître ce producteur pour qui remise en question, découverte et prise de risque ont toujours été les moyens de fuir une dangereuse routine.

Lâché un temps par Steve Reid – batteur de jazz qui lui aura permis d’assouvir plus encore sa soif de découvertes rythmiques – Four Tet prend cette fois ses distances avec la complexité, sans pour autant l’abandonner. Bien que présente mais moins polluante, ce sont désormais mélodies pures et tempi simplifiés qui prennent le dessus pour laisser Hebden virer plus house qu’il ne l’a jamais été. Ainsi, en sept titres, deux interludes, et quarante-sept minutes, l’Anglais prend le temps de faire évoluer son univers, construire pas à pas une cohérence indéniable consolidée par ces petits principes auxquels il est toujours resté fidèle: la délicatesse, la légèreté, et la sensibilité. Omniprésents tout au long de ce « There Is Love In You » de bon goût, ils contribuent amplement à la grande justesse de ce disque au cours duquel tout est savamment dosé, sans qu’il en devienne aseptisé.

Ainsi, difficile de ne pas répondre positivement à Four Tet quand il invite à la transe via la voix et la boîte à musique de « Angel Echoes », un « Love Cry » plus volontiers tribal qui n’hésite pas à taquiner LCD Soundsystem au bout de ses neuf minutes, ou l’effet de répétition des « Circling », « Sing » et « Plastic People » désarmants d’agilité. Pourtant c’est là, alors que les anciens s’étaient déjà habitués à ses nouvelles structures en 4/4, que l’ancien Fridge laisse ressurgir quelques relents mélancoliques à base d’incursions guitaristiques, comme sur le final « She Just Likes To Fight, et plus encore sur « This Unfolds », certainement un des meilleurs morceaux de ce disque tant tout y est résumé.

Du coup, pour la première fois de sa carrière, l’Anglais s’offre véritablement une entrée dans le tout petit monde de la musique club de qualité: non pas celle qui se complait dans la plus totale superficialité, qui ne s’écoute qu’en mode nocturne et éthylique, mais une autre, plus chaleureuse et sincère, qui charme à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. On n’avait perdu l’habitude de se passer du Four Tet en boucle. La voilà qui revient.

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