Fordamage – « Volta Desviada »

for180Album
(Kythibong)
30/04/2012
Rock noise

Quand, comme Fordamage avec « Belgian Tango » en 2009, on réussit si bien la délicate étape de la confirmation que représente un deuxième album, on est forcément attendu avec la plus grande impatience au moment ou l’on annonce son successeur. C’est donc logiquement le cas avec « Volta Desviada », la nouvelle livraison de ces quatre nantais qui n’ont cessé ces derniers temps d’arpenter les routes de France et de Navarre avec leurs cousins de La Colonie de Vacances, sans pourtant que ce fréquent rapprochement n’altère leur forte personnalité. Au contraire, en neuf titres, Fordamage entretient ici sa différence, creuse plus encore un sillon sur lequel il semble avoir définitivement mis main basse.

Puisque trop tôt pour une remise en question et se réinventer, le groupe a préféré approfondir ce qu’il avait déjà entrepris sur « Belgian Tango »: un choix respectable qui, s’il lui coûte l’effet de surprise de la fois précédente, offre encore de nombreux passages capables d’embarquer sans peine l’auditeur dans sa transe électrique. Alors, par son énergie parfois chaotique (« Anti Baile », « Thank You »), ses constantes dissonances, ses répétitions, ses compositions aussi denses que compactes, Fordamage le piège et le bouscule, le prend à la gorge (la montée en puissance de « Sleeping On a Flag »), lui arrache aussi une danse ou deux (« Triangle Of Fire »), et lui laisse même quelques moments de répit (« A Man And a Dog », un des meilleurs titres du disque)… Comme pour s’excuser d’avoir trop donné, d’avoir sous estimé sa force, de l’avoir croqué trop franchement…

Bien que les Hollandais n’aient jamais autant poussé les aiguilles dans le rouge que Fordamage, on pense inévitablement à The Ex – sans égal pour faire décoller les pieds du sol sans violence – dès l’entame « Throwing Stones ». Une référence qui s’estompe au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans cet album énergique et généreux, qui exploite tous les atouts de ses géniteurs (tous convoqués sur l’énorme « Funeral » par exemple), et cumule les bonnes idées à chaque titre comme au sein d’un même morceau (l’insaisissable « The Border »). Assez donc pour en sortir une dès qu’il est nécessaire d’éclaircir le propos, de raccrocher le moindre wagon égaré au train lancé à vive allure. Sur « Belgian Tango », Fordamage lâchait les chiens. Là, par soif de nouveau challenge, il ouvre l’enclos de loups affamés. Il y a de l’Urgo dans l’air…

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