Fleet Foxes – « Helplessness Blues »

fleet180Album
(Sub Pop)
02/05/2011
Folk

Un label indépendant n’a pas toujours la chance de faire des « coups ». Sub Pop y aura pourtant eu droit à plusieurs reprises, que ce soit avec Nirvana, Band Of Horses, ou Fleet Foxes: autant de succès qui lui auront donné les moyens de prendre des risques en allant dénicher quelques autres groupes plus obscurs méritant eux aussi d’exister. Du haut de leur million d’exemplaires vendus, les doux hippies de Seattle signent donc un deuxième album, pressenti comme un des évènements musicaux de cette année 2011 après s’être longuement fait attendre. C’est que les choses ne se sont pas toujours passées comme prévu: maladies, épuisement, problèmes de disponibilité, manque d’inspiration, ou parfois même insatisfaction générale auront en effet eu raison du calendrier initial.

Présenté par Robin Pecknold comme une parfaite synthèse du folk des années 60 et 70, « Helplessness Blues » enfonce le clou du psychédélisme cher au groupe, tout en tournant le dos aux influences Americana qui prédominaient trois ans auparavant. Plus que jamais aussi, il privilégie les mélodies vocales du frontman, toujours mises sur un piédestal par l’ambiance générale des morceaux, comme par ces sursauts rythmiques devenus marque de fabrique (« The Plains/Bitter Dance », « Helplessness Blues », « The Shrine/An Argument »). Ainsi, de l’entame « Montezuma » à « Blue Spotted Tail », en passant par « Sim Sala Bim » et le titre éponyme, il en résulte une poignée de morceaux dotés d’une charmante immédiateté qui ne manqueront pas de faire l’unanimité.

Pas forcément un mal pour Fleet Foxes qui – jusque là, à l’exception de titre comme « White Winter Hymnal » ou « Your Protector » – demandait un certain temps avant qu’on apprivoise pour de bon ses mélodies. Ca ne rend pourtant pas son registre plus accessible et formaté que par le passé: ceux qui, lors de l’écoute du premier opus, sortaient froissés par ses arrangements pastoraux, parfois même médiévaux, les retrouveront encore tout au long de cette nouvelle salve, également ponctuée de titres à rebondissements devenus traditions, et frappée d’une orchestration infiniment plus riche. On passera d’ailleurs sur la liste interminable des instruments utilisés au cours de ces douze titres puisqu’ils ne manquent jamais de faire leur effet au moment opportun (le violon de « Bedouin Dress », le sax free de « The Shrine/An Argument »).

Alourdi par la pression entourant inévitablement un deuxième album censé confirmer, « Helplessness Blues » cultive magnifiquement la personnalité atypique d’un Fleet Foxes qui s’amuse délibérément avec les contrastes: il accouche d’une musique résolument actuelle bien que puisée dans les décennies passées, et jongle sans cesse avec les impressions de tension et de sérénité qui ne cessent de s’entrechoquer tout au long d’un disque brassant les émotions. Pecknold et sa bande se seront clairement donnés du mal, mais tous voient leurs efforts récompensés par un album qui n’a vraiment pas à rougir de la comparaison avec son prédécesseur.

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