Fink – « Perfect Darkness »

fink180Album
(Ninja Tune)
13/06/2011
Folk

On compte les bons albums de Fink au nombre de leurs titres à la puissance émotionnelle telle qu’il serait masochiste de la part de quiconque de vouloir passer outre. Rappelez-vous d’ailleurs à quel point l’Anglais avait fait mouche en 2006 avec « Biscuits For Breakfast« , un premier album au cours duquel il dévoilait au grand jour son inspiration folk amassée pendant qu’il se faisait encore connaitre en tant que producteur electro. Encore aujourd’hui, « Pretty Little Thing » et « All Cried Out » restent deux morceaux fermement agrippés au dos de Fin Greenall, à tel point que cela fait maintenant cinq ans que celui-ci peine à les égaler. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tenté le coup, successivement avec « Distance And Time » et « Sort Of Revolution« , deux opus fidèles à sa marque de fabrique, mais manquant définitivement d’assez de profondeur et d’émotion pour y parvenir. Il aura donc fallu attendre son quatrième album folk pour que Fink retrouve toute la grâce qui était la sienne au moment de ses premiers accords. En dix titres ou coule toute la sève de son talent, il étale ainsi tout son savoir et son expérience pour bâtir une pièce essentielle de sa discographie.

De premier abord, le songwritter n’a pourtant en rien révolutionné son approche: arrangements dub, intense mélancolie, mélodies ardentes, voix chaleureuse et rassurante font toujours la matière première de ce qu’on peut désormais sans mal appeler « l’effet Fink », soit un folk des plus accessibles mains néanmoins incroyablement personnel. On ne vous cachera pas pour autant que ce « Perfect Darkness » souffre lui aussi de quelques longueurs, notamment dans la construction de son avancée. En effet, du fait qu’ils partagent tous, les uns après les autres, cette même base répétitive comme héritée du passé electro du bonhomme, « Honesty », « Wheels » et « Warm Shadow », malgré leurs mélodies et leurs variantes respectives, font du milieu de ce disque un passage un tantinet difficile à passer. Tous les trois ont en revanche le mérite de souligner plus encore la légèreté, l’habileté, et la finesse du reste de l’album, soit sept titres très généreux en grands moments d’émotion. Parmi eux, on trouve alors un incontestable tiercé gagnant (« Yesterday Was Hard On All Of Us », « Save It For Somebody Else », « Foot In The Door ») qui permet à Fink de faire de ce « Perfect Darkness » son nouveau « must have », sa clé pour la cour des grands songwritters de notre temps, ceux qui savent vous caresser l’oreille pour vous faire sourire ou pleurer. Question de perception, mais c’est toujours pour laisser une trace indélébile.

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itunes13

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